Valérie Hayer, eurodéputée et candidate aux européennes, estime possible « un génocide » contre les Ouïgours en Chine

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A cinq semaines du scrutin européen et alors que le président chinois est reçu en France par Emmanuel Macron, la tête de liste de la majorité présidentielle aux élections européennes, Valérie Hayer, a estimé lundi 6 mai, sur Sud Radio, que la Chine commettait possiblement « un génocide » contre la minorité musulmane des Ouïgours et a appelé à avoir « un dialogue de vérité » avec Xi Jinping.

Après des hésitations, invoquant « la justice internationale », l’eurodéputée a affirmé : « Quand on parle d’internement, quand on parle de stérilisations forcées, d’effacement de la langue et de la culture… oui, on peut penser qu’il s’agit d’un génocide (…), même si c’est à la justice internationale de trancher. »

Selon elle, « la situation des Ouïgours est insupportable et c’est la raison pour laquelle il faut avoir un dialogue de vérité avec le président chinois », a-t-elle ajouté. « Nous avons au Parlement européen eu l’occasion à plusieurs reprises d’adopter des résolutions condamnant la situation des Ouïgours et nous nous sommes mobilisés notamment pour interdire le travail forcé », a-t-elle rappelé.

Sur un autre sujet, les échanges commerciaux, Mme Hayer reconnaît « qu’on a été trop naïfs avec la Chine pendant trop de temps », mais a assuré que l’Union européenne était « en train de changer de braquet » : « On considérait que le commerce international allait garantir la paix dans le monde ; on voit que ça n’est pas le cas. » « Il faut qu’on mette en place un bouclier commercial européen. C’est-à-dire : réciprocité, préférence européenne et, en cas d’agression commerciale de la part de “partenaires”, nous devons avoir des tarifs douaniers qui permettent de contrer ces agressions », a-t-elle jugé.

Avant elle, celui qui fait la course européenne en troisième position derrière les listes du Rassemblement national et de Renaissance, Raphaël Glucksmann, a appelé dans les colonnes du Monde et sur France Inter à ne pas se comporter en « ami » de Xi Jinping. « On peut discuter avec tout le monde, mais pas de cette manière », a-t-il notamment affirmé, estimant que la Chine, comme la Russie, sont mues, dans leurs rapports avec la France et l’Europe, par une « hostilité idéologique extrêmement profonde ».

Le Monde avec AFP

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