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Moussa Sow, Ballon d’or des quartiers populaires

Moussa Sow, Ballon d’or des quartiers populaires

Au bord des terrains bondés du stade Dominique-Duvauchelle, à Créteil, Moussa Sow pourrait bien être le maire de la ville. Tous les 2 mètres, il s’arrête pour serrer des mains, prendre des nouvelles, répondre à des questions. Toujours avec le sourire. Seul le trahit son tee-shirt, floqué « CNDQ », sigle de la « Coupe nationale des quartiers », une compétition de football qu’il a lui-même créée il y a quatre ans sur le modèle de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Le principe est simple : chaque équipe représente un pays dont les joueurs sont originaires. Ce samedi 10 juin, le Cameroun affronte le Congo dans une ambiance survoltée, malgré la pluie. L’enjeu est grand : ce sont les derniers matchs de poule, et deux buts ont été inscrits en seulement quelques minutes.

Même quand Moussa Sow se met à l’écart pour répondre à l’interview, il a du mal à détacher son regard du terrain – pour traquer à la fois les buts et la moindre complication dans le déroulé du tournoi. Salarié de la Croix-Rouge la semaine, le trentenaire passe tous ses week-ends d’avril à juin à préparer puis à organiser la CNDQ bénévolement. « C’est un peu dur pour ma compagne et mes deux filles, admet-il. Après chaque compétition, je me dis que c’est la dernière parce que c’est trop dur financièrement, physiquement et psychologiquement. Et puis je croise des gens dans les rues de Créteil qui me remercient, et ça me rappelle pourquoi je fais ça. »

Car ce qui n’était au départ qu’un pari entre amis est devenu l’un des événements sportifs majeurs de la commune, désormais imité dans de nombreuses autres villes d’Ile-de-France et du pays. En 2019, Moussa Sow regarde le clasico, le match phare du championnat espagnol, avec des amis, et ne supporte pas la défaite du Real Madrid face au FC Barcelone. Qu’à cela ne tienne, il décide de rejouer le match, avec des supporteurs de chaque équipe. « On en a parlé sur nos réseaux sociaux et ça a pas mal fait réagir », retrace-t-il. Au même moment, la vraie CAN était organisée en Egypte. L’idée naît dans l’esprit de Moussa Sow de créer un tournoi entre jeunes des quartiers de Créteil, non plus pour rejouer le clasico, mais les matchs de la CAN.

Succès immédiat

« Les tournois de foot interquartiers existent depuis longtemps, mais souvent, ça créait des tensions et des bagarres entre les jeunes pendant les matchs ou même après, dans la ville. » Lui-même originaire du quartier prioritaire de la ville des Bleuets, à Créteil, en a été témoin.

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« Moi je voulais faire un tournoi qui rassemble. Et pour ça, quoi de mieux qu’un drapeau ? » Pari réussi : les jeunes des quartiers, autrefois rivaux, se retrouvent à défendre le même pays dans leur équipe, et les premiers matchs se déroulent sans incident.

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