Ursula von der Leyen cristallise les attaques contre « l’Europe de Bruxelles »

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’un sommet informel des dirigeants de l’Union, à Bruxelles, le 18 avril 2024.

Jérôme Macchi avoue ne pas être « très renseigné » sur Ursula von der Leyen. Le retraité de 66 ans est incapable de citer sa fonction, présidente de la Commission européenne, mais il se tenait prêt à siffler son nom, le 25 mai à Marseille, lors d’un meeting de la tête de liste Reconquête ! aux élections européennes, Marion Maréchal. « C’est une dame qui prend des décisions à Bruxelles sans écouter les Etats et encore moins les peuples. Elle est plutôt sous influence des grandes entreprises américaines », justifie l’adhérent du parti d’Eric Zemmour, citant parmi ses sources « ce qui se dit », « Internet » et les « discours de Marion [Maréchal] et d’Eric [Zemmour] », qui, eux, « veulent sauver la France ».

Dans les réunions publiques de l’extrême droite, ces derniers mois, Ursula von der Leyen disputait au président de la République, Emmanuel Macron, la palme de la personnalité politique la plus détestée. Citer son patronyme suffisait à susciter huées et volées d’insultes dans des assemblées bien moins réactives pour décrypter son rôle à la tête de la Commission européenne.

Présent à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le 24 mai pour acclamer le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, et la cheffe de file des députés du RN, Marine Le Pen, Louis Franc l’imaginait « présidente du Parlement européen » et soumise, sans exemple probant, aux intérêts de « grosses industries ». Samuel Meplaux, autre soutien du RN, la pensait « présidente de l’Union européenne [UE] », mais tout de même atteinte des mêmes turpitudes : « Elle incarne les lobbys, la magouille et la corruption, notamment sur les vaccins. Elle n’a pas été élue, fait des conneries, mais n’est jamais sanctionnée. »

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Qu’importe, pour le RN et Reconquête !, que leurs sympathisants ne sachent pas disserter sur les attributions d’Ursula von der Leyen : la figure de la dirigeante européenne n’a été brandie par l’extrême droite française dans cette campagne que pour personnifier « l’Europe de Bruxelles » et des « technocrates », qu’ils vouent aux gémonies. « Elle est l’incarnation chimiquement pure d’un fédéralisme européen qui aboutit à l’effacement des Etats et des peuples », résume Philippe Vardon, directeur de campagne de Marion Maréchal.

« Vonderleyisme »

Du Pacte vert européen, pour limiter les conséquences du réchauffement climatique, au « pacte migratoire », pour renforcer le contrôle des arrivées de migrants au sein de l’UE et favoriser la répartition des réfugiés entre Etats membres, les grands ensembles législatifs adoptés sous le premier mandat de l’ancienne ministre de la défense allemande alimentent le récit nationaliste d’une UE pilotée par des hauts fonctionnaires qui, réfugiés à Bruxelles ou à Strasbourg et dépourvus de toute légitimité démocratique, édicteraient des normes visant à « effacer » les « nations » et les « peuples ». « Elle symbolise une espèce de pouvoir absolu et centralisé qui souhaite profiter de toutes les crises pour instaurer un jacobinisme à Bruxelles », dénonce Eric Zemmour.

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