une nouvelle évacuation de Sciences Po, une démarche de dialogue devant la Sorbonne

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Des manifestants brandissent des drapeaux de Palestine, de l’Union étudiante et du Poing levé, un collectif politique de jeunesse rattaché à l’organisation Révolution permanente, à Paris, le 3 mai 2024.

La fermeté est le mot d’ordre du gouvernement face à la mobilisation étudiante propalestienne. « [Celle-ci] paie, assure-t-on à Matignon. Vingt-trois sites perturbés ont été évacués, notamment avec la réquisition des forces de l’ordre, qui sont intervenues sans tarder. » L’entourage du premier ministre, Gabriel Attal, se félicite de voir qu’« aucun camp de base ou abcès de fixation ne s’est durablement établi nulle part en France », « contrairement à ce qu’on a pu observer à l’étranger, notamment outre-Atlantique ».

Vendredi matin, à Sciences Po Paris, l’administrateur provisoire, Jean Bassères, a fait appel aux forces de l’ordre pour la deuxième fois afin d’évacuer plusieurs dizaines d’étudiants qui protestaient depuis la veille contre le refus de la direction de rompre tout partenariat avec Israël. Ce refus avait relancé l’occupation des lieux, six étudiants ayant décidé de se lancer dans une grève de la faim.

Dans un contexte si tendu, quel espace reste-t-il pour le dialogue sur les campus ? La question était posée un peu plus loin, vendredi, place de la Sorbonne, par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Pour ouvrir la discussion, des dizaines de fiches étaient éparpillées sur deux « tables du dialogue ».

Au programme : des concepts tels que « sionisme » et « colonie », des textes fondateurs comme la déclaration Balfour − par laquelle le gouvernement britannique promettait, en 1917, de favoriser la création d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine − ou encore des cartes d’Israël et des territoires palestiniens.

« Je crois au débat, explique Samuel Lejoyeux, président de l’UEJF. Les plus radicaux, eux, ne jouent pas le jeu du débat. C’est un problème lorsque leurs messages indiquent que les étudiants juifs sont “complices d’un génocide” [à Gaza] au seul motif qu’ils sont sionistes. »

Samuel Lejoyeux, président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), répond à une journaliste de télévision, à Paris, le 3 mai 2024.

Divergences sur l’après-guerre

Pour Daphné Hubelé, étudiante en arts, « le dialogue est plus que nécessaire quand on voit dans les mobilisations des appels à une “troisième intifada” [« soulèvement », en arabe] et des manifestants qui arborent des “mains rouges” ». « Il est possible qu’il y ait eu de l’ignorance [au sujet de ce symbole du massacre de deux soldats israéliens, le 12 octobre 2000], mais maintenant que les choses sont dites, ils devraient dénoncer ce symbole », insiste Samuel Lejoyeux.

Daphné (à gauche), anciennement au Cours Florent, et Laurène, étudiante à Tel-Aviv, posent à Paris, le 3 mai 2024.

Keffieh autour du cou, Youmna Bahout, élève ingénieure, salue la « démarche courageuse et belle » de l’UEJF. Mais « le contenu du dialogue montre qu’il y a des idées qui restent très partielles, avec une vision de l’histoire qui commence le 7 octobre [2023, jour des attaques du Hamas contre Israël] uniquement », estime la jeune femme, qui a plaidé « pour la démilitarisation des nouvelles générations israéliennes ».

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