Avant la visite de Xi Jinping en France, l’épineuse question des droits humains

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Le président chinois Xi Jinping, le 26 avril 2024, à Pékin.

Il y a déjà quelques ombres au tableau de la visite d’Etat de Xi Jinping en France. Les 6 et 7 mai, le président chinois effectue sa première visite en Europe depuis 2019, et après le long isolement de son pays pendant la pandémie de Covid-19. Mais quelques jours avant l’arrivée du tout-puissant dirigeant, le 30 avril, Emmanuel Macron a rencontré Penpa Tsering, le président du gouvernement tibétain en exil, en marge d’une cérémonie à l’Elysée.

De son côté, quelques heures plus tôt, le sénateur Olivier Cadic avait révélé avoir été victime d’un piratage informatique orchestré par la Chine et interpellait le gouvernement lors d’une séance de questions au Sénat : « Il s’agit clairement d’un acte de cyberguerre, commis par une dictature 2.0. » Jeudi 2 mai, le magazine Challenges et l’émission « Envoyé spécial », sur France 2, publiaient une enquête sur une tentative de rapatriement forcé d’un jeune Chinois critique du régime de son pays et vivant en France, impliquant des membres de l’ambassade de Chine.

Dans une relation de plus en plus asymétrique en faveur de Pékin, aborder la question des droits humains est difficile pour le président français, qui ne veut pas froisser son homologue chinois. De leur côté, les Chinois s’insurgent contre la moindre critique de ce qu’ils considèrent comme leurs affaires intérieures. La société civile française se démène donc pour faire exister la question en marge de la visite officielle, qui doit aborder en priorité des sujets stratégiques, guerre en Ukraine en tête, et économiques, comme les surcapacités chinoises et les mesures de défense qu’envisage de prendre l’Union européenne. Dimanche 5 mai, deux manifestations doivent avoir lieu pour dénoncer d’une part la répression des Ouïgours au Xinjiang, et d’autre part celle des Tibétains.

La France a pourtant plusieurs fois mis en avant sa volonté d’entretenir « un dialogue exigeant et systématique avec la Chine en matière de droits humains », rappelle l’ONG Amnesty International dans un communiqué publié jeudi 2 mai. L’organisation appelle Emmanuel Macron à ne pas oublier cet engagement lors de ses entretiens avec Xi Jinping. « Plus particulièrement, le président de la République doit exiger la libération de [l’intellectuel ouïgour] Ilham Tohti et des autres détenus d’opinion, demander la fin des persécutions contre les centaines de milliers de Ouïgours et Kazakhs toujours détenus arbitrairement dans des camps, et l’abrogation de la loi sur la sauvegarde de la sécurité nationale qui vise à réduire au silence toute voix dissidente à Hongkong », estime l’ONG.

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