Home Entertainment « Une maman m’a demandé un jour si je n’avais pas peur de droguer mon fils »

« Une maman m’a demandé un jour si je n’avais pas peur de droguer mon fils »

« Une maman m’a demandé un jour si je n’avais pas peur de droguer mon fils »

[ad_1]

« Un petit monstre. » C’est ainsi que Luc (le prénom a été modifié), le fils de Myriam Molinier, était qualifié tout petit. Et même de « fou », comme a lâché le père de Myriam un jour. Luc représentait le cauchemar de tout parent. Un enfant de 4 ans qui, d’un coup, peut se mettre à faire voler les chaises de la cuisine puis à s’acharner dessus pour tenter de les casser. Des fugues, la honte des crises en public, une famille à bout, un divorce à la clé… « On encaisse autant que l’enfant. On nous dit qu’il est capricieux, mal élevé, on n’a plus d’amis parce que personne ne veut supporter un gamin qui ne tient pas en place », confie, depuis la Loire, Myriam Molinier, 52 ans, gérante de Neurodiff’Formation, une société qui vise à transmettre des connaissances sur les troubles neurodéveloppementaux.

Luc a beaucoup de mal à maintenir son attention, à terminer une tâche. Il ne tient pas en place, est impulsif, avec une difficulté à attendre, une tendance à couper la parole… Il coche toutes les cases des symptômes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Près de 5,9 % des moins de 18 ans seraient concernés, selon l’Assurance-maladie. A 6 ans, Luc est diagnostiqué et commence à prendre un médicament, le méthylphénidate, autorisé à partir de cet âge. « Le traitement l’a canalisé », estime sa mère. Commercialisée sous les noms de Ritaline, Medikinet, Quasym ou Concerta, cette molécule, classée comme stupéfiant, agit sur le cerveau pour améliorer la concentration et maîtriser l’impulsivité.

En France, autour de 0,7 % des 3-17 ans y ont eu recours en 2019, selon une étude parue dans la revue Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, en février 2022. Rien à voir avec certains Etats américains, où un jeune sur dix est sous méthylphénidate. Néanmoins, la consommation ne cesse d’augmenter : elle a plus que doublé en dix ans dans l’Hexagone, comme l’a révélé un rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), publié en mars 2023 et intitulé « Quand les enfants vont mal, comment les aider ? ». A tel point que fin février, l’Agence nationale de sécurité du médicament a alerté sur les difficultés d’approvisionnement de médicaments à base de méthylphénidate, voire sur la rupture de stock de certaines spécialités.

Les troubles de l’attention sont de plus en plus connus du grand public. En décembre 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, a même intégré le TDAH dans sa stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement. Aux yeux de bon nombre de parents épuisés, démunis face à leur enfant qui souffre, le diagnostic peut apparaître comme une voie d’espoir, de soulagement, et le traitement comme une solution miracle.

Il vous reste 83.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link