le RN et le PS, premiers bénéficiaires de la volatilité électorale

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Que peut une campagne électorale ? Pas tout, car une partie du rapport de force politique se construit avant la campagne. Mais beaucoup, car des évolutions notables se font jour pendant la campagne, et l’élection du Parlement européen n’échappe pas à la règle. Il suffit, pour s’en convaincre, de prendre de la distance par rapport au suivi de l’évolution quotidienne des intentions de vote. L’impression de relatif statu quo laisse ainsi apparaître, entre les mois de novembre 2023 et mai 2024, des tendances nettes – dynamique à la hausse pour le Rassemblement national (RN, + 5 points) et pour le Parti socialiste (PS)-Place publique (+ 4) ; dynamique à la baisse pour Renaissance (− 4) et pour les écologistes (− 3,5) ; relative stabilité pour tous les autres.

Pour documenter ces tendances, et notamment pour analyser la mobilité électorale, le panel électoral est un outil unique : en interrogeant les mêmes personnes tout au long de la campagne, il permet de retracer avec précision l’origine des flux.

De premiers enseignements sont apportés par un tableau panoramique. En trois mois, entre les vagues d’enquête du début mars et de la fin mai, 77 % des électeurs sont restés constants. Constants pour 47 % d’entre eux dans la distance politique, réitérant leur choix abstentionniste. Constants pour 30 % d’entre eux dans la fidélité politique, exprimant toujours leur intention de voter pour la même liste. Durant ces trois mois, 23 % des électeurs ont donc été changeants. Changeants pour 14 % d’entre eux dans le choix de se rendre aux urnes – passant, dans un sens ou dans l’autre, de l’abstention au vote. Changeants pour 9 % dans leur intention de vote, passant d’une liste à une autre.

Lors de la campagne présidentielle de 2022, ce ne sont pas 23 % mais… 48 % des électeurs qui étaient des électeurs changeants. On voit ainsi se dessiner deux idéaux types de campagne électorale. D’un côté, la campagne présidentielle : scrutin à deux tours avec enjeu de qualification pour le second tour, élection jugée efficace à 56 % pour « faire entendre sa voix », enjeu déterminant, vote stratégique, et donc mobilité forte avec des évolutions de plus ou moins 15 points pour certains candidats. D’un autre côté, la campagne européenne : scrutin à un tour à la proportionnelle, élection jugée efficace à seulement 37 % pour « faire entendre sa voix », enjeu secondaire, vote de cœur, et donc mobilité limitée avec des évolutions de plus ou moins 5 points pour certaines listes en 2019 comme, à une semaine du scrutin, en 2024.

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