La Russie serait derrière le syndrome de La Havane

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 Vladimir Poutine assiste à la réunion annuelle du conseil du ministère russe de l’intérieur à Moscou, le 2 avril 2024.

Une enquête journalistique sur le « mystérieux syndrome de La Havane », qui avait touché des fonctionnaires américains en poste à Cuba, à partir de 2016, pointe la responsabilité de l’unité 29155 du renseignement militaire russe (GRU). Devenue, à partir de 2014, l’arme favorite du Kremlin pour des actions, à l’étranger, de déstabilisation, d’élimination ou de sabotage, ce groupe d’espions était déjà apparu dans le viseur des services de renseignement occidentaux, en 2018, après la tentative d’empoisonnement d’un transfuge du GRU exilé au Royaume-Uni.

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D’après les éléments dévoilés, lundi 1er avril, par le média russe indépendant The Insider, le magazine allemand Der Spiegel et la chaîne américaine CBS, une centaine de personnes, des diplomates ou des agents du FBI et de la CIA, parfois des membres de leur famille, ont été la cible d’une arme sonique mise au point par la Russie. Provoquant de graves symptômes – migraines, vertiges, nausées, troubles de la vision –, ces « incidents de santé anormaux », selon les termes de l’administration américaine, auraient également été signalés, dès 2014, à Washington et dans des représentations officielles des Etats-Unis, en Allemagne, puis en Chine, en Australie, au Vietnam et en Autriche.

En mars 2023, au terme d’une enquête interne, les autorités américaines considéraient « très improbable » qu’une puissance étrangère ou une arme soient à l’origine de ces troubles mystérieux ayant conduit les victimes à l’hôpital, avant, souvent, de les contraindre à quitter leurs fonctions. Le porte-parole du département d’Etat, Matthew Miller, a assuré, lundi, que le ministère et la communauté du renseignement maintenaient leurs conclusions de mars 2023. Pour sa part, Moscou a rejeté, lundi également, ces accusations qualifiées « sans fondement ».

Vives douleurs aux oreilles

Outre des témoignages de victimes de ces attaques, relatant avoir ressenti de vives douleurs aux oreilles, générées par des ondes sonores, l’enquête journalistique livre le récit de l’ancien militaire chargé de l’enquête officielle sur le syndrome de La Havane. Pour lui, l’origine russe de ces attaques ne fait aucun doute, et il met sur le compte d’une exigence de preuves trop élevée le refus des Etats-Unis d’en attribuer la paternité à Moscou. Il souligne, enfin, que l’ensemble des personnes touchées avaient toutes travaillé sur des sujets liés à la Russie. Leur mise à l’écart permettait, selon lui, de nuire au niveau de connaissance des autorités américaines sur les activités réelles de la Russie.

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