Au Pakistan, une peine de prison suspendue pour l’ancien premier ministre Imran Khan

4967


Un tribunal d’Islamabad a suspendu, lundi 1er avril, la peine de quatorze ans de prison pour corruption de l’ancien premier ministre pakistanais Imran Khan et de son épouse, dans une affaire concernant des cadeaux reçus lorsqu’il était au pouvoir, a annoncé son parti. L’homme de 71 ans reste sous le coup de deux condamnations dans des affaires distinctes : dix ans de prison pour divulgation de documents classifiés, et sept ans pour mariage illégal.

Ces trois condamnations avaient été annoncées à quelques jours des élections législatives du 8 février, auxquelles il n’a pas pu se présenter, parce qu’il était emprisonné depuis août et inéligible. M. Khan attribue à l’armée ses ennuis judiciaires, destinés, selon lui, à empêcher son retour au pouvoir. Le tribunal « n’a accordé qu’un accès limité aux avocats [d’Imran Khan et de son épouse, Bushra Bibi] et a décidé d’un verdict en hâte sans permettre à la défense de conclure sa plaidoirie », a déclaré Ahmed Janjua, un porte-parole de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI).

Les partisans d’Imran Khan espéraient un acquittement dans ce dossier. Mais le tribunal a décidé que seule la peine de prison était suspendue, de nouvelles audiences étant prévues pour débattre de la condamnation elle-même. Il est important pour l’ex-premier ministre d’être acquitté, et pas seulement de voir ses peines de prison annulées, s’il veut pouvoir occuper à nouveau des fonctions publiques.

Revente de cadeaux au prix fort

L’ex-chef du gouvernement était accusé d’avoir reçu, lorsqu’il était au pouvoir, des cadeaux dont il a sous-estimé la valeur avant de les revendre au prix fort. Tous les cadeaux doivent être déclarés, et il n’est autorisé de conserver que ceux dont la valeur est inférieure à un certain montant ou de les acheter à un prix convenu officiellement.

Imran Khan avait bénéficié des faveurs des militaires pour être élu en 2018, mais l’ancien joueur vedette de cricket est ensuite tombé en disgrâce et les a accusés d’avoir orchestré son éviction du poste de premier ministre en avril 2022. Le PTI a fait l’objet d’une vaste répression avant le scrutin de février, qui a obligé ses candidats à se présenter en indépendants.

De nombreuses allégations de manipulation ont accompagné ces élections, après que les autorités ont coupé le réseau de téléphonie mobile le jour du scrutin et que le dépouillement a pris plus de vingt-quatre heures. Les partisans d’Imran Khan sont sortis vainqueurs du scrutin, mais avec une avance insuffisante pour former le gouvernement. Ils ont laissé le champ libre à une coalition dirigée par le nouveau premier ministre, Shehbaz Sharif, lequel aurait bénéficié du soutien de l’armée.

Lire l’analyse | Article réservé à nos abonnés Le scénario du pire au Pakistan, entre élections truquées et crise économique

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu



Source link