après plusieurs mois de crise, un nouveau président élu

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Des étudiants  devant l’université Paris-Saclay, à Saclay, le 17 septembre 2021.

L’ex-recteur Camille Galap est le nouveau président de l’université Paris-Saclay. Il a été élu mardi 11 juin à l’issue de deux tours de scrutin, le premier n’ayant permis à aucun des trois candidats en lice d’obtenir la majorité absolue des voix des membres du conseil d’administration. Après le retrait d’un des candidats, M. Galap a rassemblé 20 voix, une de plus que le nombre minimum requis.

Cette élection met un terme à un feuilleton débuté en février, lorsque la présidente sortante candidate à sa succession, Estelle Iacona, s’était retrouvée devancée par Yves Bernard, soutenu par la FSU et la CGT. Aucun des deux n’obtenant la majorité absolue, le processus électoral s’en était trouvé bloqué. Nommé administrateur provisoire en mars, Camille Galap avait démissionné fin mai pour se porter candidat à son tour. Désormais élu, il a la délicate mission de sortir le fleuron universitaire d’une crise institutionnelle.

Doté de statuts dérogatoires au code de l’éducation, l’établissement, avec ses dix composantes universitaires, ses quatre grandes écoles, ses deux universités « membres associées » et ses sept organismes de recherche, est « expérimental ». A ce titre, il fait la part belle, dans son conseil d’administration, aux personnalités qualifiées extérieures. Au nombre de dix-huit, celles-ci ont autant de poids que les élus qui représentent les enseignants, les chercheurs et les étudiants.

Blocage institutionnel

« L’université Paris-Saclay est à la fois une université de recherche intensive et une université de proximité territoriale attractive, d’excellence scientifique et de diversité sociale », salue Camille Galap dans sa profession de foi, tout en précisant qu’il a pu « constater le blocage institutionnel concernant la désignation des personnalités qualifiées extérieures ».

Le dialogue qu’il a conduit a mis en exergue « d’autres sujets de discussion sur les aspects organisationnels, les moyens, la problématique de la non-fusion des universités membres associées » – les universités d’Evry et de Versailles ne fusionnant pas comme prévu initialement, sans justification.

« Le programme de Camille Galap reprend beaucoup d’éléments du mien, qu’il s’agisse d’opérer un rééquilibrage institutionnel, de revoir le calendrier de sortie de l’expérimentation, d’écouter les personnels ou de chercher à créer un dialogue social, estime Yves Bernard, qui a obtenu 11 voix au second tour. C’est donc une forme de réussite s’il honore ce programme, ce que je veux croire. »

En pilote automatique, l’université a perdu de sa superbe. Romain Soubeyran, directeur de CentraleSupelec, membre de l’établissement, affiche sa déception après l’annonce par Emmanuel Macron des 9 lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt IA-clusters, le 21 mai. « Paris-Saclay n’a obtenu que 20 millions d’euros, c’est peu par rapport aux 75 millions gagnés par PSL (Paris Sciences et Lettres), confie-t-il au Monde. J’ai du mal à ne pas faire de corrélation entre les problèmes de gouvernance et ce résultat décevant. »



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