sur l’envoi d’instructeurs français sur le terrain, Kiev rétropédale et Paris entretient le flou

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Volodymyr Zelensky et le ministre français des armées, Sébastien Lecornu, lors d’une rencontre à Kiev, le 28 septembre 2023.

Les discussions hautement sensibles entre Paris et Kiev sur l’envoi éventuel d’instructeurs militaires français en Ukraine, qui ont débuté il y a plusieurs mois, ont donné lieu, lundi 27 mai, à plusieurs déclarations contradictoires de la part du sommet de la hiérarchie militaire ukrainienne, ainsi qu’à un flou savamment entretenu côté français.

La tenue d’une réunion en distanciel, entre le ministre des armées français, Sébastien Lecornu, et son homologue ukrainien, Roustem Oumerov, avait été annoncée, par Paris, lundi
au matin. Mais un message du chef d’état-major de l’armée ukrainienne, le général Oleksandr Syrsky, diffusé à l’issue de cet entretien, en fin de journée, sur sa chaîne Telegram, a pris de court un certain nombre d’observateurs. « Je salue l’initiative de la France d’envoyer des instructeurs en Ukraine pour former les militaires ukrainiens. J’ai déjà signé les documents qui permettront (…) de visiter nos centres de formation et de se familiariser avec leurs infrastructures et leur personnel », a ainsi déclaré M. Syrsky, lundi, après avoir participé à la discussion avec MM. Oumerov et Lecornu. Des propos que ni le ministère des armées français ni l’état-major des armées n’ont démentis par la suite.

Le cabinet de M. Lecornu s’est borné à rappeler, lundi, la position officielle française sur ce dossier inflammable, mis sur la table par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, fin février, lors d’une conférence internationale sur le soutien à Kiev. Le président avait alors indiqué que « l’envoi de troupes » en Ukraine ne devait pas être « exclu ». « Comme déjà évoqué plusieurs fois, la formation sur le sol ukrainien fait partie des chantiers discutés depuis la conférence sur le soutien à l’Ukraine (…) le 26 février. Cette piste continue de faire l’objet de travaux avec les Ukrainiens », a ainsi précisé, lundi, le ministère des armées français.

L’ambiguïté s’est toutefois accentuée, dans la soirée, avec la diffusion, par le ministère de la défense ukrainien, sur le réseau X, d’un communiqué à des fins de « clarifications ». « Depuis février, l’Ukraine a exprimé son intérêt pour la perspective de recevoir des instructeurs étrangers », a-t-il ainsi assumé. Mais « pour l’instant, nous sommes toujours en discussion avec la France et d’autres pays », a-t-il ajouté.

Un démenti assorti néanmoins de précisions nouvelles sur ce dossier scruté de près par Moscou : « Le ministère de la défense, en collaboration avec l’état-major, a commencé à travailler en interne sur les documents pertinents (…) afin de ne pas perdre de temps à coordonner les questions bureaucratiques lorsque la décision pertinente sera prise. » Moscou n’avait pas encore réagi à ces propos, lundi soir, mais les sites d’information russes plaçaient la nouvelle en une.

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