Rénovation énergétique en copropriété : par où commencer ?

4442


Eric Bardoul, copropriétaire et membre du conseil syndical de la résidence de l’Esplanade, à Montpellier, peut enfin souffler. Les travaux d’isolation par l’extérieur de son immeuble de 192 logements sont en cours. « Pour y arriver, il faut avoir beaucoup d’énergie, savoir convaincre, et procéder par étapes », résume-t-il. Ces travaux, qui vont coûter 3,8 millions d’euros, dont 1,6 million d’aides, devraient se terminer en fin d’année.

Une réussite qui ne doit pas faire oublier que la rénovation énergétique en copropriété est complexe et que peu d’immeubles se lancent réellement. Selon l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), 51 559 logements ont été rénovés en 2022 sur les 8,4 millions que comptent les copropriétés, d’après les chiffres du ministère de l’écologie. Or, les trois quarts des immeubles ont été construits avant 1973, date des premières règles sur l’isolation.

Première raison : les décisions se prennent en assemblée générale, qui se tient seulement une fois par an, et à condition qu’une majorité de copropriétaires soit convaincue de voter les travaux. Avant le démarrage du chantier, il peut s’écouler trois ans. Dans le cas de l’Esplanade, cela faisait dix ans que l’immeuble envisageait un ravalement. Ce sont les aides et la crainte qu’elles soient moins importantes à l’avenir qui ont finalement décidé cette copropriété montpelliéraine à se lancer.

Le coût des travaux est aussi un obstacle majeur. « Tout le monde n’a pas les mêmes moyens, des profils très différents sont rassemblés en copropriété », rappelle Alexis Lagarde, vice-président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers.

Avancer par étapes

Pour avancer, mieux vaut prévoir plusieurs étapes, et c’est ce que prévoit la législation. Depuis le 1er janvier 2024, toutes les copropriétés de plus de cinquante lots doivent élaborer un plan pluriannuel de travaux (PPT) qui liste les interventions nécessaires dans un horizon de dix ans. Ce document contient un important volet concernant la rénovation énergétique.

Pour élaborer ce plan, il faut partir d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) collectif, élaboré à l’échelle de l’immeuble, ou d’un diagnostic technique global (DTG), plus complet. Pour bien des copropriétés, 2024 sera donc consacrée au vote du devis du bureau d’études pour ce DPE ou ce DTG. C’est seulement en 2025 ou 2026 que le PPT sera réellement voté et que les travaux seront choisis, pour des chantiers qui démarreront par conséquent souvent en 2027.

En détails | Article réservé à nos abonnés Copropriétés : le plan pluriannuel de travaux est-il obligatoire ?

Brûler les étapes est difficile pour ces raisons juridiques, « mais aussi parce que les copropriétaires ont besoin de mûrir leur projet », explique Thomas Bon, spécialiste de la rénovation en habitat collectif chez Hellio. Pour avancer, mieux vaut par ailleurs être bien accompagné par un professionnel, appelé « assistant à maîtrise d’ouvrage » (AMO). Ce dernier est d’ailleurs obligatoire pour percevoir les aides en copropriété. C’est lui qui réalise les études et élabore les scénarios de travaux.

Il vous reste 46.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link