les universités auront une application pour recenser les actes signalés et leurs suites

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La ministre de l’enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, à l’Elysée, à Paris, le 11 décembre 2023.

D’ici l’été, les universités volontaires testeront une nouvelle application appelée « Dialogue » mise au point par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Son déploiement suivra dans tous les établissements « avant le mois de janvier 2025 », a annoncé la ministre Sylvie Retailleau, mercredi 29 mai, devant les sénateurs de la mission parlementaire sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur.

Depuis le 10 avril, les élus ont procédé à dix-sept auditions qui ont mis en évidence « un problème de mesure des actes antisémites faute de dispositif de suivi unifié » et « de définition de ce que recouvre un acte ou propos antisémite, notamment face à des slogans importés des Etats-Unis », ont souligné les deux rapporteurs Pierre-Antoine Lévi (Union centriste, Tarn-et-Garonne) et Bernard Fialaire (Rassemblement démocratique et social européen, Rhône).

L’application ministérielle, en préparation depuis le mois de mars, « permettra un suivi de bout en bout » et « en temps réel » des actes signalés aux procureurs et de leurs suites judiciaires, de même que des saisines par les directions d’établissement de commissions disciplinaires et les sanctions qui en découlent. « Ces informations seront accessibles aux gouvernances des universités, aux rectorats et à l’administration centrale », a précisé Sylvie Retailleau.

Revendications « de plus en plus radicales »

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne à Gaza, la ministre fait état de 76 actes antisémites dont 17 font l’objet d’une enquête administrative, neuf l’objet de plaintes et onze d’un signalement au procureur. Elle cite plus précisément quelque 30 actes prenant la forme « d’inscriptions, de menaces, de violence verbale, d’apologie du terrorisme et d’apologie du nazisme ». Deux actes de violences physiques contre des étudiants juifs ont été recensés à l’université de Strasbourg, un à Lille, envers les représentants du collectif Golem, et un autre à la Sorbonne à Paris, a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, toujours interrogée sur le plan du ministère pour lutter contre l’antisémitisme, la ministre a tenu à indiquer que les établissements ont remonté 214 manifestations individuelles ou collectives « en faveur de Gaza susceptibles d’entraîner un trouble à l’ordre public ». « Aucune occupation ne s’est établie durablement », s’est félicitée Mme Retailleau qui évalue à une trentaine le nombre d’interventions des forces de l’ordre depuis la fin avril, sur réquisition d’un chef d’établissement ou sur décision du préfet lorsque le trouble est constitué sur la voie publique ou aux abords du campus.

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