Home World Les habitants de Los Angeles décidés à réduire (un peu) la place de la voiture

Les habitants de Los Angeles décidés à réduire (un peu) la place de la voiture

Les habitants de Los Angeles décidés à réduire (un peu) la place de la voiture

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LETTRE DE LOS ANGELES

Une autoroute de Los Angeles, le 19 septembre 2019.

« La maire de Paris est l’une de mes héroïnes ! » Michael Schneider ne tarit pas d’éloges sur Anne Hidalgo. Cet entrepreneur de la tech n’est pas parisien. Il habite à Los Angeles et vient de remporter une victoire qui fait figure de petite révolution dans une mégapole plus connue pour ses échangeurs autoroutiers que pour ses pistes cyclables.

A la tête de l’association Streets for All, il a réussi à faire adopter par référendum, en mars, la mesure HLA – pour « Healthy Streets Los Angeles », littéralement « des rues saines ». Aucun sous-entendu populiste derrière ce nom. Par healthy streets, les promoteurs de la mesure entendent des rues où il fait bon vivre pour qui ne circule pas en voiture : piétons, cyclistes et usagers des transports en commun. La mesure HLA, qui a obtenu 65,5 % de oui, demande notamment la création de 480 voies de bus et de plusieurs centaines de kilomètres de pistes cyclables, dont 380 km de pistes protégées.

C’est là que la maire de Paris intervient (sans le savoir). « Ce qu’Anne Hidalgo a fait pour Paris sur les transports correspond tout à fait à ma vision du monde. Elle a transformé sa ville », s’enthousiasme Michael Schneider, qui aimerait voir une telle métamorphose à l’œuvre sur les rives du Pacifique.

Sur le papier, Los Angeles s’est engagée dès 2015 à faire reculer la place de la voiture en adoptant l’ambitieux « plan de mobilité 2035 ». Mais près de dix ans plus tard, seuls 6 % des aménagements prévus ont été réalisés. Oubliée, semble-t-il, la création de pistes cyclables, de couloirs de bus, mais aussi de trottoirs dignes de ce nom dans une ville où marcher sans chien au bout d’une laisse fait de vous un suspect dans de nombreux quartiers. Une ville, surtout, où, comme l’a mis en avant la campagne « Yes on HLA », un piéton meurt quasiment tous les deux jours sous les roues d’une voiture.

Dans la ville de James Ellroy et de Michael Connelly, le nombre de personnes tuées dans des accidents de la route (336, dont 179 piétons) a même dépassé celui des homicides (327) en 2023. Et établi un triste record depuis que Los Angeles a commencé à tenir des statistiques de sécurité routière, il y a une vingtaine d’années.

Un long combat

Pourtant, « assurer un transport sûr et efficace pour les piétons » était l’un des axes majeurs du plan adopté en 2015 par le maire démocrate d’alors, Eric Garcetti. Pourquoi le projet a-t-il déraillé ? Michael Schneider souligne « un mélange de manque de coordination entre les services municipaux et de manque de volonté politique à l’hôtel de ville ». Car Los Angeles est un millefeuille administratif où le maire n’a que des pouvoirs limités. De tels aménagements demandent l’aval des membres du City Council, tout-puissants dans leurs districts respectifs. « Certains membres voulaient vraiment que le plan de mobilité soit mis en œuvre et d’autres se sont battus contre », éclaire le président de Streets for All.

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