« Le débarquement du 6 juin 1944 est le plus grand spectacle de l’histoire militaire que le monde ait jamais connu »

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Le photographe Robert Sargent débarque aux côtés des troupes américaines sur la plage d’Omaha Beach, en Normandie, le 6 juin 1944,

Peter Caddick-Adams, ancien officier de l’armée britannique qui a enseigné à l’Académie de défense du Royaume-Uni signe une Nouvelle histoire du Débarquement. Historien, il s’est intéressé au sujet après avoir découvert que « personne n’avait sérieusement étudié le Jour J dans toute sa complexité depuis des décennies ». Son travail rend hommage à tous les hommes tombés au cours de la préparation de ce jour et à la finesse du travail préparatoire mené durant une année avant l’événement.

Vous avez passé des décennies à interroger des vétérans, afin d’en tirer une « microhistoire » du Jour J. Avez-vous voulu humaniser ce récit pour que les lecteurs puissent s’identifier plus facilement à de simples combattants ?

C’était mon hommage à cette génération de la guerre. Je pense que ce n’est que maintenant que nous réalisons à quel point leur vie était différente de la nôtre et combien elle leur a coûté. Ayant passé des années de ma vie à interviewer des vétérans de la bataille de Normandie de toutes nationalités, j’ai eu le sentiment qu’ils m’avaient collectivement transmis le flambeau pour raconter leur histoire à une autre génération. Dans mes recherches, j’ai découvert qu’il y avait même des Coréens qui portaient l’uniforme nazi ! C’était l’histoire du monde en un jour, qui représentait toute une époque.

Cet article est tiré du « Hors-Série Le Monde : 1944 – Des débarquements à la libération de la France », mai 2024, en vente dans les kiosques ou par Internet en se rendant sur le site de notre boutique.

Vous avez interviewé plus de mille personnes impliquées le Jour J. Pourquoi avoir accordé autant d’importance aux témoignages ?

J’ai eu la chance de visiter les plages pour la première fois à l’âge de 14 ans, en 1975, en compagnie de vétérans, dont Bill Millin (1922-2010), l’Ecossais qui jouait de la cornemuse en débarquant. Depuis lors, j’ai recueilli leurs témoignages, d’abord en tant qu’écolier, puis en tant que soldat professionnel, plus tard en tant qu’universitaire, et aujourd’hui en tant qu’écrivain. La plupart d’entre eux sont morts désormais mais leurs paroles m’ont hanté pendant des années. J’espère avoir rendu justice à ce qu’ils m’ont dit.

J’avais tellement de matériau que mon livre est devenu la première partie d’une trilogie sur la guerre européenne de 1944-1945. La deuxième partie traitait de la campagne d’hiver dans les Ardennes en 1944-1945, mais j’ai repris l’histoire de nombre de mes personnages français et britanniques dans mon troisième volume (Victoire à l’Ouest), qui couvre l’histoire de janvier à mai 1945, où j’ai particulièrement aimé écrire sur le rôle du général Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952) et de son armée française dans la libération de Marseille et de la Côte d’Azur, puis dans les combats dans la région de Colmar, en Alsace, au début de l’année 1945.

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