L’Assemblée nationale rejette deux motions de censure contre le gouvernement

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A l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 mai 2024.

A quelques jours du scrutin européen, le dossier des finances publiques revient à l’Assemblée nationale. Celle-ci a rejeté, lundi 3 juin, une première motion de censure déposée par La France insoumise (LFI), qui entendait dénoncer la situation budgétaire du pays, à six jours des élections européennes. La motion, soutenue par la gauche et le Rassemblement national (RN), a recueilli 222 voix, loin de la majorité absolue de 289 voix nécessaire pour faire tomber le gouvernement de Gabriel Attal.

Les députés se sont ensuite prononcés sur une motion de censure déposée par le RN, elle aussi rejetée, ne recueillant que 89 voix. Ces deux motions, qui avaient peu de chances d’être adoptées, servent surtout à marteler leur opposition radicale au président de la République, Emmanuel Macron.

Les oppositions « cherchent le désordre » politique et économique avec de tels actes, avait dénoncé Gabriel Attal un peu plus tôt sur Franceinfo, lors de l’ultime semaine avant le scrutin du 9 juin, qui pourrait voir l’extrême droite s’offrir un score record.

Alors que l’heure était à la mobilisation générale dans tous les états-majors ce week-end, Le RN poursuit sa progression avec 33 % d’intentions de vote, Renaissance recule à 16 % et la liste de PS-Place publique se stabilise à 14,5 % selon la cinquième vague de l’enquête réalisée par l’institut Ipsos, en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po, l’Institut Montaigne, la Fondation Jean Jaurès et « Le Monde ».

« Une austérité sans précédent »

Les motions de censure de LFI et du RN ont été déposées pour protester contre les coupes budgétaires du gouvernement par décret au mois de février, sans soumettre un projet de loi de finances rectificative au Parlement. Cosignée par les communistes et des écologistes, celle de La France insoumise fustige « une austérité sans précédent », « insupportable sur le plan social et inefficace sur le plan budgétaire », après les 10 milliards d’euros de crédits pour 2024 déjà gelés en raison du dérapage du déficit.

Alors que la France vient de subir vendredi une dégradation de sa note souveraine par l’agence S&P, de « AA » à « AA− », le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a répété sa ligne économique. Il exclut toute « augmentation d’impôts » en 2025, au grand dam de la gauche, qui réclame de taxer les « ultrariches » et les « superprofits » des entreprises.

Au sein des troupes de Marine Le Pen, Sébastien Chenu présentera la motion du Rassemblement national, qui accuse le gouvernement d’avoir « volontairement sous-évalué » le déficit. L’exercice donnera aussi l’occasion à Gabriel Attal de défendre son bilan à l’Assemblée nationale juste avant les européennes. Avec, dans toutes les têtes, la perspective d’une future tentative de censure plus menaçante pour le premier ministre, peut-être à l’automne pendant l’examen du budget, portée par les indépendants du groupe LIOT ou par les députés LR, qui agitent régulièrement cette menace sans la mettre à exécution.

Emmanuel Macron, en première ligne pour les commémorations du Débarquement de Normandie, entrera de plain-pied dans la campagne des européennes jeudi. Il a prévu d’accorder une interview à France 2 et TF1 en direct de Caen dans le journal de 20 heures, lors de laquelle il s’exprimera sur les élections européennes et la situation en Ukraine et à Gaza.

Le Monde avec AFP

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