L’Arménie restitue quatre villages frontaliers à l’Azerbaïdjan

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Un panneau de signalisation à l’entrée du village de Voskepar (Ashaghi Askipara, en azerbaïdjanais), le 27 mars 2024.

L’Arménie a rendu vendredi 24 mai à l’Azerbaïdjan quatre villages frontaliers qu’elle avait pris dans les années 1990, ont fait savoir les services de sécurité arméniens et un responsable gouvernemental azerbaïdjanais. Un nouveau pas vers une normalisation des relations bilatérales après des décennies de différends territoriaux.

Les gardes-frontières arméniens « ont commencé à garder officiellement » la nouvelle ligne de démarcation entérinée par les deux pays à la mi-mai, ont affirmé les services arméniens.

Le vice-premier ministre azerbaïdjanais, Shahin Mustafayev, a, lui, confirmé que les quatre villages de la région de Gazakh (Tavouch, en arménien) : Baganis, Ashaghy (Voskepar, en arménien), Kheyrimli (Kirants, en arménien) et Ghizilhajili (Berkaber, en arménien) étaient revenus « sous le contrôle des gardes-frontières de la République d’Azerbaïdjan ».

Les deux voisins du Caucase se sont affrontés à plusieurs reprises pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh. La première guerre, dans les années 1990, avait été remportée par l’Arménie, faisant plus de 30 000 morts.

Manifestations contre les concessions territoriales à l’Azerbaïdjan

L’Azerbaïdjan a ensuite repris le contrôle d’une partie de la région à l’automne 2020, avant d’en prendre la totalité après une offensive éclair en septembre 2023, chassant du Haut-Karabakh plus de 100 000 Arméniens.

La mise en œuvre de l’accord de mai, qui porte sur une section frontalière longue de 12,70 kilomètres, marque un pas important vers un accord de paix global, auquel Bakou et Erevan tentent désormais d’arriver.

Il a suscité néanmoins une vive contestation en Arménie. Des milliers de personnes ont manifesté le 9 mai à Erevan, réclamant la démission du premier ministre arménien, Nikol Pachinian.

Cette manifestation a été le point d’orgue de plusieurs semaines de manifestations et de blocages routiers dans la région frontalière concernée, suivies d’une grande marche de quelque 160 kilomètres vers Erevan, emmenée par le charismatique archevêque de cette région, Bagrat Galstanian. Plus de 150 manifestants ont été brièvement interpellés.

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Mais le mouvement semble depuis s’essouffler. Si cela devait se confirmer, M. Pachinian, un ancien journaliste qui dirige l’Arménie depuis 2018, pourra se targuer d’une grande résilience. Il avait déjà survécu aux appels à la démission après les défaites arméniennes de 2020 et 2023.

Le Monde avec AFP

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