La Cour pénale internationale affirme faire l’objet de « menaces »

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Le procureur Karim Khan à la Cour pénale internationale, à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 septembre 2022.

La Cour pénale internationale (CPI) a lancé vendredi 3 mai une mise en garde aux « individus qui [la] menacent de représailles » (elle ou son personnel), en affirmant que de telles actions pourraient constituer une « atteinte à l’administration de la justice ».

Le bureau du procureur en chef, Karim Khan, domicilié à La Haye, a dit chercher à « s’engager de manière constructive avec toutes les parties prenantes chaque fois que le dialogue est conforme à son mandat », dans un communiqué publié sur X. « Cette indépendance et cette impartialité sont toutefois mises à mal lorsque des individus menacent de prendre des mesures de représailles contre la Cour ou contre le personnel de la Cour » en cas de « décisions » sur des enquêtes relevant de son mandat, a-t-il ajouté. La CPI appelle à la fin « immédiate » des « tentatives d’entraver, d’intimider ou d’influencer indûment ses responsables ».

Les services de M. Khan n’ont pas voulu préciser à l’Agence France-Presse de qui émanaient ces menaces et si elles étaient liées à Israël et à la guerre à Gaza. La CPI a ouvert une enquête en 2021 sur Israël, ainsi que sur le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens, portant sur de possibles crimes de guerre dans les territoires palestiniens. Elle l’a désormais étendue « à l’escalade des hostilités et de la violence depuis les attaques du 7 octobre 2023 » perpétrées par le Hamas sur le sol israélien.

Des responsables israéliens ont déclaré au New York Times s’attendre à ce que la CPI délivre des mandats d’arrêt contre des membres du gouvernement israélien (dont pourrait faire partie le premier ministre, Benyamin Nétanyahou) en lien avec les opérations militaires menées par Israël à Gaza en riposte à l’attaque du Hamas. Le président israélien, Isaac Herzog, a estimé mercredi qu’une éventuelle inculpation de responsables israéliens par la CPI représenterait « un danger pour les démocraties ».

M. Nétanyahou a, lui, jugé que l’émission éventuelle de tels mandats d’arrêts viserait à « menacer les dirigeants et [les] soldats d’Israël, essentiellement pour paralyser la capacité d’Israël à se défendre ».

Le Monde avec AFP

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