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En Argentine, Javier Milei fait de la mémoire de la dictature un sujet électrique

En Argentine, Javier Milei fait de la mémoire de la dictature un sujet électrique

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Le président argentin Javier Milei lors de l’ouverture d’une session législative, à Buenos Aires, le 1er mars 2024.

« Plus que jamais : plus jamais », « Ils étaient 30 000 », « Ni oubli ni pardon »… Pancartes en main, entre 80 000 et 100 000 personnes, selon les sources, ont convergé vers la place de Mai, à Buenos Aires, dimanche 24 mars. Date anniversaire du coup d’Etat de 1976, cette journée est consacrée à « la mémoire, la vérité et la justice » des crimes contre l’humanité commis par la junte militaire pendant la dictature (1976-1983).

Dimanche, alors qu’ils prenaient le chemin du retour après ce premier « 24 de marzo » de la présidence d’extrême droite de Javier Milei, les participants sentaient qu’ils avaient participé à « une marche pas comme les autres », au vu des positions affichées par le chef de l’Etat pendant sa campagne, tendant à nier ou à relativiser ces crimes. Nombre d’entre eux n’avaient pourtant pas encore vu le spot publié dans la matinée par le gouvernement sur ses réseaux sociaux, présentant « sa version » de cette période sombre de l’histoire argentine, à l’heure précise où commençait la manifestation.

Dans une vidéo de douze minutes, pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1983, un gouvernement remettait officiellement au goût du jour la « théorie des deux démons », qui consiste à justifier les crimes contre l’humanité commis pendant ces années de plomb en les présentant comme une réponse aux attentats perpétrés par les groupes armés d’extrême gauche de l’époque.

« Tissu de mensonges »

Dans un style sobre, le spot appelle à un « jour de la mémoire, la vérité et la justice » mais ajoute : « Complète ». Il cherche à installer l’idée que, contrairement aux militaires, les auteurs d’attentats n’ont pas été condamnés. Les principaux dirigeants encore vivants de ces groupes armés ont pourtant bien été jugés dans les années 1980 – avant d’être amnistiés par le président Carlos Menem (1989-1999). La vidéo jette également le doute sur le chiffre de 30 000 disparus pendant la dictature.

Le spot ravive les pires souvenirs chez les victimes des exactions commises pendant cette période. « Je suis indigné par ce tissu de mensonges. Je suis en colère et je me sens impuissant. Ils ont tous les moyens à disposition pour diffuser leur révisionnisme », s’inquiète Arnaldo Pinon, détenu par la dictature en 1978 avant de s’exiler en France pendant trente ans.

Le chiffre de 30 000 personnes disparues est revendiqué par les organismes de défense des droits humains sur la base des éléments, incomplets, dont la justice dispose pour juger les militaires et leurs complices civils. « Ceux qui doivent apporter les informations sont justement ceux qui se murent dans le silence, dans un pacte qui consiste à ne pas parler et à ne pas se repentir », souligne Arnaldo Pinon.

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