Dans le sud du Brésil, plus de soixante-dix personnes restent disparues, à la suite d’inondations meurtrières

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Des personnes sont évacuées d’une zone inondée à l’aide d’une chargeuse compacte dans le quartier de Sao Geraldo à Porto Alegre, dans l’Etat du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 4 mai 2024.

Dans le sud du Brésil, l’Etat du Rio Grande do Sul reste dévasté par les inondations, qui ont provoqué la mort d’une soixantaine de personnes et chassé de leur domicile 70 000 autres habitants. Plus d’un million de foyers sont privés d’eau et l’ampleur des destructions est pour l’heure incalculable, selon la défense civile. Au total, un demi-million de personnes ont été directement affectées par le sinistre et au moins soixante-quatorze personnes sont toujours portées disparues.

Les rues sont gorgées d’eau. Les toits de certaines maisons sont à peine visibles du ciel. Des habitants ont tout perdu en quelques minutes et le centre de Porto Alegre, la capitale moderne de l’Etat dans laquelle vivent 1,4 million de personnes, est totalement inondé.

Selon la municipalité, le Guaiba, le fleuve qui traverse la ville, a atteint le plus haut niveau jamais enregistré, soit 5,09 mètres – bien au-delà du niveau historique de 4,76 mètres relevé pendant les inondations de 1941.

L’eau continue d’avancer dans la métropole et une centaine d’autres localités, avec des conséquences toujours plus dramatiques. Les précipitations ont diminué pendant la nuit de samedi à dimanche mais devraient persister pendant vingt-quatre à trente-six heures, les autorités mettant désormais en garde contre les glissements de terrain.

Manque de vivres, rationnement de l’eau

Eduardo Leite, le gouverneur de l’Etat, qui a qualifié la situation de « dramatique et absolument sans précédent », recevra dimanche le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, pour la deuxième fois depuis le début des inondations. Il a d’ores et déjà appelé à un « plan Marshall » pour reconstruire la région.

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En attendant, sur le terrain, les mêmes scènes se répètent : des habitants réfugiés sur leur toit dans l’attente de secours et de petites barques naviguant dans ce qui était des rues et des avenues. Dimanche sera un « jour-clé » pour les opérations de secours, a déclaré le ministre de la communication de la présidence, Paulo Pimenta.

L’inquiétude commence également à monter concernant le manque de vivres et la rupture des chaînes de production dans cet Etat agricole, l’un des plus dynamiques du Brésil et qui pèse un cinquième du PIB du pays.

Compte tenu des risques de pénurie, le maire de Porto Alegre, Sebastiao Melo, a appelé la population à rationner l’eau après la fermeture forcée de quatre des six usines de traitement des eaux de la ville.

Coupé du reste du pays

Les inondations ont, en partie, coupé Porto Alegre du reste du pays. Selon la police routière, les voies d’accès par le sud sont coupées à environ 15 kilomètres de la ville, mais il est encore possible d’y accéder par le nord. La principale station d’autobus est inondée et fermée, et l’aéroport international de Porto Alegre a suspendu depuis vendredi toutes ses opérations pour une durée indéterminée.

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Le Rio Grande do Sul a déjà été touché à plusieurs reprises par des intempéries meurtrières, notamment en septembre 2023, quand le passage d’un cyclone dévastateur avait causé la mort de 31 personnes.

Selon les experts, ces phénomènes climatiques extrêmes ont gagné en fréquence et en intensité avec le réchauffement climatique. Le Brésil a vécu une période de sécheresse historique en 2023 dans le nord du pays et le nombre de feux de forêt a atteint un record de janvier à avril.

Le Monde avec AFP

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