Au Sénégal, trois mois de prison ferme après des propos contre le premier ministre sur l’homosexualité

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Le premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (à gauche) et Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence de presse à Dakar, le 15 mai 2024.

La justice sénégalaise a condamné lundi 3 juin un militant politique et un prêcheur à trois mois de prison ferme pour « diffusion de fausses nouvelles », après leurs propos ciblant le premier ministre Ousmane Sonko et ses récentes déclarations sur l’homosexualité, a indiqué à l’AFP l’un de leurs avocats.

Les deux hommes, jugés en flagrant délit par le tribunal de Dakar le 27 mai, ont en outre été condamnés à payer chacun une amende de 100 000 francs CFA (quelque 150 euros), a indiqué MEl Hadji Amadou Sall.

Le parquet avait requis six mois de prison ferme contre le militant politique Bah Diakhaté et le prêcheur Cheikh Ahmed Tidiane Ndao, poursuivis pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense » à l’encontre du chef du gouvernement, dernier délit pour lequel ils ont été « relaxés », selon MSall.

Pendant la visite de Jean-Luc Mélenchon

Proche de l’opposition, Bah Diakhaté, interpellé le 20 mai par la Division des investigations criminelles (DIC, police judiciaire), s’était livré dans une vidéo à des attaques contre M. Sonko après une déclaration de ce dernier sur le thème de l’homosexualité à l’occasion de la visite mi-mai de l’opposant de gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon.

Le prêcheur Cheikh Ahmed Tidiane Ndao, placé en garde à vue le 21 mai par les mêmes services, a reproché dans une autre vidéo au premier ministre ce qu’il dénonce comme de la complaisance vis-à-vis de l’homosexualité. Les deux hommes ont été maintenus en détention après leur condamnation.

M. Sonko, chantre d’un souverainisme et panafricanisme empreint de préoccupations sociales et de valeurs traditionnelles, a critiqué ce qu’il considère comme des tentatives des pays occidentaux d’imposer leur mode de vie aux pays africains et de faire pression pour la légalisation de l’homosexualité.

L’homosexualité est largement considérée comme une déviance au Sénégal où la loi réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe ». Des cercles proches des religieux, des opposants et des militants ont reproché à M. Sonko d’avoir défendu la tolérance vis-à-vis de l’homosexualité et d’avoir offert à M. Mélenchon une tribune pour plaider la cause des minorités sexuelles.

Le Monde avec AFP

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