Au Canada, trois Indiens arrêtés pour avoir participé à l’assassinat d’un leader sikh

4141


Des hommes installent une pancarte proclamant que « Shaheed Nijjar est toujours vivant dans nos cœurs » avant une conférence de presse, à la suite de l’arrestation de trois hommes impliqués dans le meurtre de ce leader sikh canadien. A Surrey, en Colombie britannique, au Canada, le 3 mai 2024.

L’affaire avait créé une crise diplomatique majeure entre l’Inde et le Canada. Près d’un an après l’assassinat du leader sikh Hardeep Singh Nijjar dans l’ouest du pays, la police canadienne a annoncé, vendredi 3 mai, l’arrestation de trois hommes de nationalité indienne soupçonnés d’avoir participé au crime. Au moment des faits, en juin 2023, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait évoqué une implication du gouvernement indien dans la mort de ce leader séparatiste, déclenchant l’ire de New Delhi.

Trois ressortissants indiens, deux hommes âgés de 22 ans et un de 28 ans, ont été interpellés vendredi matin à Edmonton, dans la province de l’Alberta (ouest), où ils résident. Ils ont été inculpés de meurtre avec préméditation et de conspiration en lien avec la mort de la victime et écroués. Tous se trouvent au Canada depuis trois à cinq ans, a précisé la police durant une conférence de presse.

Les trois suspects auraient joué différents rôles – tireur, chauffeur et guetteur – le 18 juin 2023, le jour où le leader sikh a été tué sur le parking du temple sikh qu’il dirigeait à Surrey, dans la banlieue de Vancouver (ouest).

Militant pour la création d’un Etat sikh connu sous le nom de Khalistan, Hardeep Singh Nijjar, arrivé au Canada en 1997 et devenu citoyen canadien en 2015, était recherché par les autorités indiennes pour des faits présumés de terrorisme et de conspiration en vue de commettre un meurtre. Des accusations que l’homme de 45 ans niait, selon l’Organisation mondiale des Sikhs du Canada, regroupement à but non lucratif qui vise à défendre les intérêts des sikhs canadiens.

Des accusations « absurdes », selon New Delhi

La police fédérale a précisé que les arrestations menées vendredi ne mettent pas un terme à l’enquête, ouverte il y a dix mois. « Cette enquête ne s’arrête pas là. Nous savons que d’autres personnes ont pu jouer un rôle dans cet homicide et nous sommes déterminés à les retrouver et à les arrêter », a déclaré Mandeep Mooker, officier responsable de l’équipe d’enquête sur les homicides à la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a également affirmé que la police tentait de déterminer « s’il y a des liens à établir avec le gouvernement indien ».

« C’est un peu un soulagement de savoir que l’enquête progresse », a pour sa part réagi auprès de l’Agence France-Presse Moninder Singh, ami proche de Hardeep Singh Nijjar et porte-parole du Conseil des Gurdwaras de la Colombie-Britannique, une organisation représentative des sikhs de cette province. « C’est l’Inde en fin de compte qui est responsable et qui embauche des gens pour assassiner des dirigeants sikhs dans des pays étrangers », a-t-il accusé, exhortant Ottawa à « exiger des comptes » du gouvernement indien.

Le Canada est le pays qui compte le plus grand nombre de sikhs en dehors de leur Etat d’origine, le Pendjab, en Inde.

Une autre affaire suspecte aux Etats-Unis

En septembre, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, avait publiquement incriminé les services de renseignements indiens dans cette affaire. New Delhi avait aussitôt qualifié ces accusations d’« absurdes ». Un mois plus tard, le gouvernement canadien avait été contraint de rapatrier plusieurs dizaines de diplomates basés en Inde après la menace de New Delhi de retirer leur immunité diplomatique.

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

De son côté, la justice américaine a annoncé en novembre poursuivre un ressortissant indien accusé d’avoir commandité, à l’instigation d’un agent de New Delhi, un projet d’assassinat d’un autre dirigeant sikh, Gurpatwant Singh Pannun, avocat fondateur de l’organisation américaine Sikhs For Justice (SFJ).

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu



Source link