après un long débat, l’administration Biden autorise Kiev à frapper le territoire russe

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A Mala Danylivka, près de Kharkiv, après une frappe russe, le 30 mai 2024.

Les conséquences sur l’évolution de la guerre en Ukraine pourraient être majeures. Selon différentes sources internes à l’administration américaine, les Etats-Unis ont décidé d’autoriser Kiev à mener des frappes sur le sol russe à l’aide d’armes occidentales. Un feu vert accordé à la condition que les Ukrainiens limitent leurs bombardements aux zones frontalières de la région de Kharkiv, située au nord du pays, où les forces russes sont entrées le 10 mai et ont conquis depuis plus de 180 kilomètres carrés de territoire.

« Le président [Joe Biden] a donné pour mission à son équipe de faire en sorte que l’Ukraine puisse utiliser des armes américaines afin de contre-attaquer dans la région de Kharkiv, de manière à riposter lorsque les forces russes les attaquent ou se préparent à les attaquer », a indiqué un responsable américain à l’Agence France-Presse, jeudi 30 mai, confirmant des informations du site Politico. La position de la Maison Blanche en ce qui concerne les frappes à longue portée à l’intérieur de la Russie n’a, à l’inverse, pas changé. Celles-ci restent prohibées par Washington, indiquent les mêmes sources.

Cette évolution de la position américaine fait suite aux intenses pressions exercées par l’Ukraine mais aussi par une partie de ses alliés, qui estiment que la nouvelle offensive lancée par Moscou a changé la donne. En attaquant l’Ukraine depuis son territoire national et non depuis les territoires qu’elle occupe dans les oblasts de Kharkiv, Louhansk, Donetsk, Zaporijia ou Kherson, la Russie empêche les forces de Kiev d’agir, celles-ci n’ayant pas les capacités de viser les rassemblements de troupes ou les aéronefs opérant depuis l’intérieur des frontières ennemies.

« La politique américaine a créé un vaste sanctuaire dans lequel la Russie a pu rassembler sa force d’invasion terrestre, et depuis lequel elle lance des bombes planantes et d’autres systèmes de frappe à longue portée pour soutenir sa nouvelle invasion », déplorait ainsi le cercle de réflexion américain Institute for the Study of War, dans une note publiée le 13 mai. Après l’attaque lancée le 10 mai vers Kharkiv, la deuxième plus importante ville du pays, les Ukrainiens s’inquiètent notamment d’un nouveau regroupement de troupes russes plus au nord, dans la région de Soumy.

Intense débat au sein de l’administration américaine

Cet assouplissement américain intervient après un intense débat au sein de l’administration Biden. Depuis plusieurs semaines, le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, favorable à des frappes limitées sur le sol russe, s’opposait à la position de fermeté du conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, pour qui le risque d’escalade avec Moscou était trop grand. Lors d’un déplacement à Kiev, le 15 mai, le chef de la diplomatie avait esquissé une première ouverture, affirmant que « c’est à l’Ukraine de prendre ses décisions sur la manière dont elle mène cette guerre ». Ces déclarations avaient aussitôt été démenties par le Pentagone et la Maison Blanche.

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