

Après quatre-vingts ans de réduction progressive des barrières commerciales, l’économie mondiale est en train de vivre un tournant historique. S’il ne revient pas sur ses décisions, Donald Trump aura fait passer en trois mois les droits de douane américains sur les importations du reste du monde de 2,5 % à 25 %, son plus haut niveau depuis les années 1930.
« C’est révolutionnaire, au sens premier du terme : il est prêt à infliger un coût immédiat très fort au nom d’un idéal de long terme [réduire le déficit commercial et réindustrialiser les Etats-Unis], estime Gilles Moëc, économiste en chef à AXA. Or, à court terme, ça va vraiment faire très mal. »
Le premier effet a été un violent décrochage boursier, Wall Street enregistrant sa pire semaine depuis cinq ans. Le CAC 40 a clôturé en recul de 4,26 % vendredi 4 avril, après une lourde chute la veille. L’indice de la Bourse de Paris efface tous ses gains depuis le début de l’année. Aux Etats-Unis, le Nasdaq a reculé de 5,8 % et le S&P 500 de près de 6 %. Les deux indices ont perdu autour de 11 % en deux jours. Quant au baril de pétrole, il a dévissé de plus de 13 % en deux jours, preuve de l’anticipation par les marchés d’un sévère ralentissement économique.
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