Ursula von der Leyen renonce à une nomination très controversée

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 22 mars 2024.

Markus Pieper devait prendre ses fonctions mardi 16 avril. Mais lundi soir, l’eurodéputé allemand de la CDU qu’Ursula von der Leyen avait choisi pour être « représentant de l’Union européenne [UE] pour les PME », malgré les nombreuses critiques que ce choix avait déclenchées, a finalement renoncé. Pour la présidente de la Commission, qui fait campagne pour être reconduite à ses fonctions après les élections européennes, prévues du 6 au 9 juin, c’est un camouflet.

L’affaire commence le 31 janvier, lorsque l’ex-ministre d’Angela Merkel, elle-même issue de la CDU, annonce la nomination de Markus Pieper, pourtant le moins bien noté des trois candidats à ce poste nouvellement créé et rémunéré près de 20 000 euros par mois. Dès lors, Ursula von der Leyen est suspectée d’avoir fait un cadeau au Parti populaire européen (PPE), qui rassemble les droites européennes, quelques semaines avant que celui-ci en fasse, le 7 mars, sa candidate à la présidence de l’exécutif communautaire.

En pleine campagne pour les élections européennes, ses opposants politiques, à gauche, au centre et à l’extrême droite, se saisissent immédiatement du sujet pour attaquer la présidente de la Commission et le PPE, principale formation politique du Parlement européen.

Une manière très verticale de gouverner

Dans l’équipe d’Ursula von der Leyen, quatre commissaires – un libéral, le Français Thierry Breton (chargé du marché intérieur), ainsi que trois socialistes, l’Espagnol Josep Borrell (haut représentant aux affaires étrangères), le Luxembourgeois Nicolas Schmit (commissaire à l’emploi et aux droits sociaux) et l’Italien Paolo Gentiloni (commissaire à l’économie) – évoquent, dans un courrier adressé à Mme von der Leyenv le 27 mars, les « questions sur la transparence et l’impartialité du processus de sélection » que la nomination de Markus Pieper suscite.

Qu’importe, la présidente de la Commission, qui a une manière très verticale de gouverner, ne prend pas la peine de leur répondre et Markus Pieper signe son contrat le dimanche de Pâques (31 mars). Le 10 avril, lors de la dernière réunion du collège, elle refuse de rentrer dans la polémique et invite ses troupes à ne pas se disperser alors que la guerre fait rage aux portes de l’Europe.

Au Parlement européen, le 11 avril, les eurodéputés adoptent très largement (382 voix pour, 144 contre et 80 abstentions) un amendement qui demande l’annulation de la nomination de Markus Pieper, malgré l’opposition massive du PPE dans l’hémicycle (à l’exception de plusieurs Français de LR). Là encore, Ursula von der Leyen refuse de reconsidérer son choix, d’autant que cet amendement n’a rien de contraignant.

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