« Une Europe féministe montrerait l’exemple au monde et serait plus forte »

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Partout dans le monde, lorsque les droits des femmes régressent, c’est l’ensemble des libertés humaines qui est fragilisé. Les attaques contre ces droits sont l’obsession et le bras armé des forces antidémocratiques. L’antiféminisme n’est pas seulement un effet des attaques contre la démocratie, c’en est aussi un moyen. Pour propager ces idées, le complotisme et la propagande sont devenus la norme.

Mais l’inverse est tout aussi vrai : la préservation et le renforcement des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes constituent un fondement essentiel d’un projet de société émancipateur pour toutes et tous. Le féminisme est tout autant une puissante force de mobilisation qu’il peut être une source immense d’inspiration pour les décideurs, comme pour les électrices et électeurs qui se prononceront, le 9 juin prochain, pour choisir leurs eurodéputés.

Une Europe féministe montrerait l’exemple au monde et serait plus forte, à tous les niveaux. L’égalité de genre et les droits des femmes sont une valeur constitutive de l’Union européenne (UE), et, indéniablement, de nouveaux progrès ont été réalisés ces dernières années. Ainsi, le Parlement européen et les pays de l’UE ont adopté, en février, une directive contre les violences faites aux femmes afin de mieux lutter contre les mutilations génitales, le mariage forcé, le cyberharcèlement et l’incitation à la violence ou à la haine en ligne, et la divulgation d’images intimes.

Accès sûr et garanti à l’IVG

L’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux serait une suite logique. Un accès sûr et garanti à l’IVG conditionne aussi un meilleur accès des filles et des femmes à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la liberté de circuler. La « clause de l’Européenne la plus favorisée », portée par Gisèle Halimi et le mouvement Choisir la cause des femmes, serait par ailleurs un moyen pour chaque citoyenne et future citoyenne européenne de bénéficier des droits et législations des Etats membres les plus favorables.

Un nouveau Parlement européen peut donner à la fois l’impulsion et les moyens nécessaires en faveur d’une égalité en droits, à condition qu’elle se concrétise en pratique : combat effectif contre toutes les violences patriarcales, lutte contre les discriminations de salaire et de carrière, mixité des métiers à tous les niveaux de qualification, meilleure articulation de la vie personnelle et de la vie professionnelle, etc.

Mais il y a plus. Mieux valoriser les compétences des femmes renforcerait considérablement le fonctionnement des institutions, la confiance collective et le lien social, autrement dit la « démocratie de tous les jours ». Le cinquième Objectif de développement durable des Nations unies, « réaliser l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles », est transversal à tous les autres.

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