Un conteneur perdu en mer provoque une marée de granulés en plastique sur les plages du nord de l’Espagne

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Des volontaires ramassent des microbilles de plastique sur une plage de Nigran (Galice), en Espagne, mardi 9 janvier 2024.

Le dos courbé, armés de tamis, de passoires, de seaux et munis de larges balais, des dizaines de volontaires s’affairaient toujours mardi 9 janvier à nettoyer tant bien que mal l’immense plage de la petite ville côtière de Ribeira en Galice, en triant, entre les grains de sable et les algues, de petites billes de plastique blanches de la taille de lentilles.

C’est ici, à la pointe nord-ouest de l’Espagne, que sont apparus le 13 décembre 2023, charriés par l’océan Atlantique, les premiers sacs de granulés plastique de 25 kg, intacts ou éventrés, provenant d’un chargement perdu en mer. Depuis, ce sont des centaines de milliers de ces microbilles translucides, de moins de cinq millimètres de diamètre, utilisées comme base de tous les produits en plastique, qui n’ont cessé de recouvrir d’un manteau blanc les plages de Ribeira et d’au moins une trentaine d’autres localités galiciennes des rias d’Arousa, de Muros ou de Noia.

Partout ces derniers jours, en particulier le week-end, des volontaires se sont mobilisés pour faire face à un travail de Sisyphe, les plages nettoyées se retrouvant de nouveau polluées au rythme des marées.

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Après avoir tardé à mesurer l’ampleur de la contamination et à réagir, le gouvernement de Galice a activé son plan antipollution et déployé du personnel de nettoyage des plages le 5 janvier. Sous pression des écologistes et du gouvernement espagnol, il a ensuite déclaré le niveau d’alerte deux du plan d’urgence de protection civile (sur une échelle de trois) mardi 9 janvier, afin de pouvoir mobiliser les moyens de l’Etat et mener aussi ce travail de décontamination en mer. Les régions voisines des Asturies et de la Cantabrie, où ont également été observées des marées de granulés plastique, ont fait de même. Et le Pays basque est entré en phase d’alerte, afin d’accroître la surveillance des côtes et d’agir au plus vite, si besoin.

« Pas biodégradables »

La présence de telles microbilles sur les plages d’Espagne ou d’ailleurs, n’est pas rare. Selon la Commission européenne, chaque seconde, en Europe, environ 265 000 de ces granulés se retrouvent dans l’océan, perdus par l’industrie lors des phases de fabrication, de stockage ou de transport. Au niveau mondial, c’est 230 000 tonnes de ces microbilles (dont 160 000 dans l’Union européenne) qui finiraient chaque année dans l’environnement, selon l’ONG Surfrider Foundation, qui se plaint du manque de régulation sur le transport de ces granulés. Lorsque des épisodes de pollution massive se produisent, comme celui qui a souillé la côte atlantique française en janvier 2023, il est bien souvent impossible d’en déterminer l’origine exacte.

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