L’UE débloque 50 millions d’euros pour l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens

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Un centre de santé de l’UNRWA, à Gaza, le 15 février 2024.

La négociation interne a été longue et âpre, mais la Commission européenne a fini par annoncer, vendredi 1er mars, le déblocage de 50 millions d’euros pour financer le budget de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). L’exécutif communautaire propose également une aide humanitaire supplémentaire de 68 millions d’euros, qui vient s’ajouter aux 125 millions d’euros d’aide prévus en 2024. Elle sera distribuée sur place par la Croix-Rouge ou le Croissant-Rouge.

Initialement, l’Union européenne devait verser, jeudi 29 février, sa subvention annuelle de 82 millions d’euros à l’agence onusienne, mais la révélation par Israël, le 26 janvier, que douze des 13 000 employés de l’UNRWA auraient participé à l’attaque meurtrière contre l’Etat hébreu le 7 octobre 2023, a entraîné un débat intense au sein de la Commission, comme dans l’ensemble des pays donateurs. La question du maintien de cette aide financière était clairement posée.

Alors que les Etats-Unis, le premier financeur individuel, ainsi qu’une quinzaine de pays occidentaux, avaient annoncé le gel de leur aide, privant l’agence de quelque 460 millions d’euros de financements, soit la moitié de son budget annuel, l’attitude de la Commission était scrutée. Différentes capitales européennes ont insisté pour que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, trouve une solution de compromis pour poursuivre les subventions.

Enquêtes internes

Au sein même de la Commission, un véritable bras de fer s’est engagé entre le Hongrois Oliver Varhelyi, commissaire chargé de la politique de voisinage de l’UE, qui souhaitait suspendre tout paiement, et le chef de la diplomatie, Josep Borrell, ainsi que le commissaire chargé de l’aide humanitaire, Janez Lenarcic, qui appelaient à la poursuite du financement de l’agence. A plusieurs reprises, les deux responsables ont jugé que l’organisation était irremplaçable dans la bande de Gaza et qu’aucune alternative n’existait pour apporter de l’aide à la population gazaouie.

Afin de débloquer une partie des fonds, Bruxelles a assuré avoir trouvé un accord avec l’UNRWA sur la réalisation des enquêtes internes, par les Nations unies, et salué l’investigation menée par l’ancienne ministre des affaires étrangères française, Catherine Colonna. « Les deuxième et troisième tranches de 16 millions d’euros restantes seront débloquées en fonction de la mise en œuvre de cet accord », indique l’exécutif européen.

Après l’annonce, Philippe Lazzarini, le directeur de l’UNRWA, a assuré que cette subvention « arrive à point nommé (…) pour maintenir les services vitaux et essentiels pour les réfugiés de Palestine », ajoutant que « le versement intégral de la contribution de l’UE est essentiel pour permettre à l’agence de poursuivre ses opérations dans une région très instable ».

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