Louis Boyard annonce attaquer la décision

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Le député Louis Boyard (La France insoumise, LFI, Val-de-Marne) a annoncé, jeudi 30 mai, qu’il attaquait devant le tribunal administratif l’arrêté préfectoral interdisant, par crainte de troubles à l’ordre public, la tenue vendredi soir à Rennes du « Manifestival », événement hybride mêlant meeting politique et soirée festive pour la campagne des européennes.

Les « insoumis » appelaient, comme ils l’ont déjà fait en début de semaine à Paris et à Lille, à un rassemblement vendredi sur la place Saint-Germain, un événement « susceptible de réunir 400 personnes selon les services de police », relève la préfecture d’Ille-et-Vilaine dans un arrêté publié mercredi soir.

Or la préfecture estime que « la mouvance ultra-gauche rennaise pourrait y entrevoir l’opportunité de mobiliser les éléments de la mouvance contestataire les plus radicaux pour, comme à son habitude, mener une déambulation sauvage à travers le centre historique jusqu’à la place Sainte-Anne, son fief historique et le lieu initialement choisi » pour ce meeting festif.

Les autorités rappellent dans l’arrêté les nombreux « débordements » et dégradations commises dans cette zone (bris de vitrine, pillages de magasin, feux de poubelle, etc.) depuis le début de l’année lors de manifestations contre la loi asile et immigration.

« Des troubles graves à l’ordre public pourraient être commis »

« Il existe des raisons sérieuses de penser que des troubles graves à l’ordre public pourraient être commis au cours de la manifestation » prévue vendredi, écrit la préfecture, soulignant que de tels débordements dans le centre historique de Rennes « sont très difficiles à contenir par les forces de l’ordre en raison de la topographie des lieux ».

La situation sécuritaire est encore compliquée par le passage de la flamme olympique à Rennes le lendemain, ajoute la préfecture. Elle assure avoir « à plusieurs reprises » proposé aux organisateurs du « Manifestival » deux lieux alternatifs de rassemblement, dont l’un situé à moins de 300 mètres de la place Saint-Germain, mais que ces derniers ont refusé.

Face à ce refus, seule l’interdiction de manifester place Saint-Germain paraît « adaptée et proportionnée pour assurer la sécurité des personnes et des biens », conclut la préfecture, qui souligne que LFI a encore la possibilité d’opter pour l’un des autres lieux proposés.

Dans un communiqué sur X, Les Jeunes insoumis·es ont dénoncé « une nouvelle dérive liberticide du pouvoir macroniste à quelques jours des élections européennes ». De son côté, Louis Boyard établissait, également sur X, un parallèle avec « l’interdiction des réunions de Jean-Luc Mélenchon ». « [Gérald] Darmanin [ministre de l’intérieur] a peur d’un DJ set ? Caricatural. J’attaque sa décision devant le tribunal administratif », écrit le député LFI.

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Le Monde avec AFP

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