L’immobilier à Annecy victime de son succès

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Annecy (Haute-Savoie).

Le marché s’est – un peu – calmé à Annecy (Haute-Savoie). Les biens qui s’échangeaient rapidement ces dernières années trouvent preneurs moins vite et font l’objet de négociations importantes, surtout quand ils présentent des défauts. En témoigne ce 76 mètres carrés en centre-ville, un premier étage bruyant, mis en vente à 475 000 euros il y a six mois et qui ne se vend pas, d’après l’agence chargée de sa commercialisation.

L’inquiétude sur la performance énergétique des biens est notable. « Les acheteurs posent de plus en plus de questions sur la classe énergétique du logement et ceux étiquetés F et G subissent des décotes », indique Michel Bourgne, responsable de l’agence Stéphane Plaza Immobilier. Les logements classés E ne sont pas épargnés, les acheteurs craignant de devoir faire des travaux, ajoute-t-il. Les propriétaires, eux, retardent au maximum le moment de vendre, quand ils ne sont pas pressés par un divorce, une mutation ou une succession.

Pour autant, ce ralentissement devrait rester conjoncturel tant la demande de logements reste forte à Annecy. Celle-ci joue sur les prix, encore en hausse de 4,1 % sur un an, selon MeilleursAgents, même s’ils accusent une légère baisse sur le dernier trimestre (− 1,2 %).

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Sur cinq ans, la hausse atteint quasiment 33 %. Difficile de trouver à acheter à moins de 6 000 euros le mètre carré pour un appartement et les maisons à moins de 600 000 euros sont rares. Le mètre carré pour les biens de qualité peut dépasser les moyennes parisiennes et atteindre 10 000 euros.

Les biens d’exception, avec une vue sur le lac d’Annecy ou à proximité immédiate de celui-ci, ne connaissent pas la crise. « Les maisons pieds dans l’eau se vendent en une journée, bien au-dessus d’un million d’euros, à des clients parisiens, belges ou encore lyonnais », témoigne Sasha Marmillon, associée chez Sotheby’s International Real Estate. Cette responsable d’agence indique avoir réalisé une vente sur trois à des ressortissants belges en 2023.

Résidences secondaires

La demande se concentre sur le centre-ville, à commencer dans l’est de celui-ci, par le quartier de Parmelan-Albigny. Il faut un million d’euros pour un appartement familial. Les prix s’adoucissent quelque peu en remontant vers le nord de la ville, il faut par exemple prévoir un budget de 600 000 euros à 700 000 euros pour un trois-pièces proche de l’avenue Gambetta.

Le vieil Annecy (à ne pas confondre avec le quartier d’Annecy-le-Vieux) est également prisé ; ses immeubles couleur pastel, son canal, son château et ses commerces attirent. Comptez 10 000 euros le mètre carré pour un appartement avec vue sur le château, et dans les beaux immeubles des XVIIe et XVIIIe siècles. Attention cependant à l’humidité dans certains de ces immeubles anciens.

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