Les prix de l’immobilier font fuir les habitants des stations de ski

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Alors que la population augmente dans les départements de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l’Isère, celle de leurs communes supports de stations de ski baisse dans la grande majorité des cas, selon l’Insee. Depuis 2010, près de 330 habitants ont ainsi quitté Chamonix-Mont-Blanc, 248 sont partis de Morzine, 173 de La Clusaz. La tendance est la même à Montricher-Albanne (− 184), Beaufort (− 175), Fontcouverte-La Toussuire (− 112), Courchevel (− 97) ou Huez (− 87). Parfois, elle est encore plus nette, comme à Megève, qui a perdu 744 habitants sur la même période.

« Le constat est simple : c’est uniquement le fait d’une pression foncière et d’un coût du foncier qui font que notre population locale ne peut pas rester et investir », observe la maire mégevanne, Catherine Jullien-Brèches (LR). Dans les années 1970-1980, le village comptait plus de 5 000 habitants, mais, aujourd’hui, pour 2 961 habitants, il faut compter sur plus de 80 % de résidences secondaires « et un prix de l’immobilier se négociant à hauteur de 10 000 euros le mètre carré ».

Pour l’édile haut-savoyarde, la bascule des prix a été « assez impressionnante » au moment de la pandémie liée au Covid-19. « En début de mandat, en 2014, on arrivait à préempter des biens à 4 000 euros le mètre carré. Je n’en vois aujourd’hui quasiment plus passer. Et quand il y en a, ils sont très dégradés. »

Pour tenter de contrecarrer cette fuite des habitants, le nouveau plan local d’urbanisme prévoit 150 nouveaux logements permanents, dont « 42 qui vont sortir fin 2025 », précise l’élue. Et si elle a décidé, avec son conseil, de ne pas appliquer la nouvelle surtaxation des résidences secondaires en 2024, elle pense y passer l’an prochain. « Je veux pouvoir cibler la recette de cette surtaxation vers un projet de construction de logements permanents. »

Projets lancés

Néanmoins, cela ne suffira pas, admet-elle, en réclamant des outils réglementaires supplémentaires. Parce qu’aujourd’hui la location saisonnière est, pour un propriétaire, plus intéressante que la mise en location de longue durée. « On a des résidents secondaires qui déclarent leur résidence principale à Megève, mais ils ne vivent pas là et, en plus, ils louent leur bien en Airbnb », regrette Mme Jullien-Brèches, qui reconnaît mettre à la location un appartement dans la station à la saison. « Si j’avais droit à un abattement de 71 % pour une mise en location de longue durée comme celui prévu pour les locations de meublés de tourisme en station, je pense que je franchirais le pas. Mais, pour l’instant, je n’y ai fiscalement pas intérêt et j’évite en plus les contraintes d’une location de longue durée. »

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