Les îles Féroé paralysées par un important mouvement social

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Panneau routier à Gasadalur, sur l’île de Vagar indiquant le chemin vers Torshavn et vers l’aéroport, en octobre 2021, dans les îles Féroé.

Vendredi 31 mai, les avions continuaient d’atterrir à l’aéroport de Vagar, dans l’ouest des îles Féroé. Mais, sur son site Internet, l’office du tourisme de l’archipel met en garde les voyageurs qui avaient prévu de visiter la province autonome danoise, située dans la mer du Nord, à 1 500 kilomètres de Copenhague : en raison de la grève des travailleurs, entreprise le 14 mai, et toujours en cours, les îles Féroé, qui comptent 54 000 habitants vivant sur dix-huit îles, sont en « stand-by ».

Si l’aéroport reste ouvert, les bateaux ne sont plus accueillis dans les ports, y compris ceux qui viennent régulièrement ravitailler l’archipel. Il n’y a donc plus d’essence dans les stations-service. Le trafic des bus et des taxis est affecté, de même que les sociétés de location de voitures. Dans les magasins, les produits frais ont disparu des rayons. Les fruits, les légumes, la viande et les œufs, tout, ou presque, vient du continent.

Par ailleurs, des jardins d’enfants et des écoles ont dû fermer, pour des raisons sanitaires, car la collecte des déchets n’est plus assurée, ni le nettoyage des établissements, forçant les parents à rester à la maison – pour ceux qui avaient encore de l’essence ou pouvaient compter sur les transports publics pour se déplacer d’une île à l’autre.

« Rejet immédiat » de l’accord

Environ 5 000 Féringiens ont cessé le travail, dans un mouvement de grève, touchant le public et le privé, décrit comme le plus important depuis vingt ans. Parmi eux : les éboueurs, les chauffeurs de camion, les magasiniers, mais aussi le personnel d’entretien, les ouvriers des usines de traitement du poisson et ceux du secteur de la construction, ainsi que les gardes de sécurité.

La grève a été déclenchée le 14 mai à minuit, à l’appel de quatre syndicats, faute d’avoir trouvé un accord avec le patronat. Depuis le 4 avril, les partenaires sociaux négociaient de nouvelles conventions collectives, pour remplacer celles qui sont arrivées à terme le 1er mai. Les syndicats réclament une hausse de 13 % à 15 % des salaires. Le patronat refuse d’aller au-delà de 9 %. « Le projet d’accord est tellement éloigné de notre revendication minimale que nous avons décidé de le rejeter immédiatement », ont réagi les syndicats, estimant que leurs membres méritaient « une augmentation correcte ».

Dans un message de solidarité avec leurs collègues féringiens, les syndicats nordiques de l’agroalimentaire, réunis à Stavanger, en Norvège, le 27 mai, rappellent que les ouvriers avaient limité leurs demandes, lors de précédentes négociations, tenant compte de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’économie de l’archipel et ses entreprises, puis de celui de la guerre en Ukraine. Mais, depuis, l’inflation – un peu plus de 11 % entre 2022 et 2023 − a grevé leur niveau de vie.

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