« Le régime d’asile actuel est inhumain par nature ; il doit être réformé en profondeur »

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La fumée blanche s’est enfin élevée au-dessus des salles de négociation de Bruxelles. Les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont fini par se mettre d’accord sur un nouveau pacte européen sur la migration et l’asile. Son adoption formelle ne devrait plus tarder. Voilà l’Union dotée d’un nouveau cadre juridique pour son système commun d’asile et de migration.

Ce pacte consacre l’instauration de nouvelles mesures de sécurité, notamment le filtrage, à leur arrivée aux frontières extérieures de l’Union, des ressortissants de pays tiers, ainsi que l’amélioration de leur recensement. De nouvelles mesures vont également être prises pour mieux détecter les migrations irrégulières, notamment par la mise en œuvre d’une procédure obligatoire « à la frontière » qui concernera les ressortissants de pays pour lesquels le taux de reconnaissance du statut de réfugié est inférieur à 20 % et de règles spécifiques en cas de situation de crise. Dans le même temps, une solution a été trouvée pour soutenir les Etats membres qui sont sous pression migratoire, sans recourir à la relocalisation forcée des demandeurs d’asile.

Mais, quand on regarde de plus près les chiffres migratoires de 2023, force est de constater que ce pacte est loin d’être la panacée. L’année dernière, près de 380 000 arrivées irrégulières ont été enregistrées aux frontières extérieures de l’Union, plus de 1,1 million de demandes d’asile ont été déposées auprès des Etats membres et pas moins de 4 110 personnes ont péri ou ont été portées disparues en Méditerranée, alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Europe à bord d’embarcations de fortune. Ces chiffres en disent long sur la crise profonde dans laquelle le système européen de migration et d’asile est toujours enferré. Ceux-ci atteignent, en effet, un plus haut historique depuis la crise migratoire que l’Europe a connue en 2016. Huit ans plus tard, il semble que nous devions, à nouveau, faire face à une nouvelle déferlante de migrants et de réfugiés.

Alors, puisque nous sommes entre Européens, soyons honnêtes : ce nouveau pacte sur la migration et l’asile peut-il nous garantir qu’on parviendra, en 2024, à endiguer ce flux mortifère de migrants en direction de l’Europe ? La réponse est non. Ce même pacte a-t-il le pouvoir de permettre la victoire de l’humanisme sur la loi du plus fort en matière de politique européenne d’asile et d’immigration ? La réponse est encore non. Il édicte, certes, des mesures raisonnables, mais qui sont loin d’être suffisantes. Là encore, il s’agit d’aller plus loin.

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