le plan arabe pour « le jour d’après » dans l’impasse

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Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken (au centre), lors d’une réunion ministérielle conjointe entre le Conseil de coopération du Golfe et les Etats-Unis sur la situation humanitaire à Gaza, à Riyad, le 29 avril 2024.

A l’image de l’appel lancé par l’Arabie saoudite à « arrêter le génocide » perpétré par l’armée israélienne contre les Palestiniens, les gouvernements arabes n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner l’offensive lancée par l’Etat hébreu, lundi 6 mai, autour de Rafah ; l’opération d’ampleur sur cette ville où sont massés 1,4 million de Gazaouis est leur ligne rouge. Une nouvelle catastrophe humanitaire entamerait encore un peu plus leur crédit au sein des opinions arabes. Elle compliquerait l’élaboration d’un plan pour « le jour d’après » qui peine déjà à prendre forme.

Entre les Etats arabes et l’administration américaine, dont les mains sont liées par le refus d’Israël d’envisager autre chose qu’une occupation militaire de la bande de Gaza, les violons sont loin d’être accordés.

Quand les premiers insistent sur la reconnaissance d’un Etat palestinien comme pilier d’une solution diplomatique, Washington fait de la normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël une priorité. Cette dissonance entame le consensus arabe. Elle aiguise les divergences de vues et « la compétition pour le leadership entre le Qatar, les Emirats arabes unis (EAU) et l’Arabie », note un diplomate égyptien.

Après plusieurs mois de concertation sous l’égide des Saoudiens, le groupe de contact arabe, qui réunit aussi l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Jordanie et le Qatar, a finalisé une proposition commune. Présenté le 24 avril à Riyad au secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, le plan s’est heurté à une fin de non-recevoir de Washington. Cette feuille de route détaillée, que Le Monde a pu consulter, fait de la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, par le Conseil de sécurité des Nations unies, un préalable à des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens.

« Cela consiste à inverser la logique d’Oslo. C’est seulement à partir de la reconnaissance de l’Etat palestinien que l’on peut sérieusement envisager travailler sur la manière d’arriver à la décolonisation. Amman présente cela comme une politique du fait accompli pour consacrer la solution à deux Etats et empêcher tout retour en arrière », explicite Laure Foucher, experte à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Les Etats arabes avaient eu un avant-goût de la réponse américaine, avec le véto opposé par Washington à la résolution pour l’admission de l’Etat de Palestine à l’ONU, présentée par l’Algérie au Conseil de sécurité, le 18 avril.

Les capitales arabes sont divisées sur la marche à suivre

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