Le Mexique touché par une vague de chaleur mortelle

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Un soldat ramasse le corps d’un singe hurleur tombé des arbres en état de déshydratation, à Tecolutilla, dans l’Etat du Tabasco, au sud-est du Mexique, le 21 mai 2024.

Les images sont spectaculaires : à bout de forces après des semaines sous une sensation thermique dépassant les 50 °C dans l’Etat du Tabasco, au sud-est du Mexique, des singes hurleurs tombent des arbres en état de déshydratation. Malgré les efforts des habitants pour les sauver, les autorités ont rapporté qu’au moins 164 de ces primates sont morts au mois de mai. « Les températures n’étaient jamais montées à ce niveau aussi longtemps », souligne une vétérinaire qui a participé aux brigades de sauvetage de singes dans la jungle autour de la ville de Comalcalco.

Depuis plus d’un mois, en raison d’un anticyclone qui empêche la formation de nuages et l’expose aux rayons du soleil, le Mexique est confronté à sa troisième vague de chaleur de l’année. Le mercure a régulièrement franchi les 45 °C dans 19 des 32 Etats du pays, et le ministère de la santé a attribué 61 décès aux chaleurs. Malgré les pluies éparses tombées ces derniers jours, plus de 70 % du territoire souffre toujours à des degrés divers de sécheresse, et 4 650 incendies ont été recensés au premier semestre, dont 132 sont toujours en cours.

« Les températures de 2024 vont battre tous les records historiques, non seulement par leur intensité, mais aussi en raison de la durée et de l’étendue de la vague de chaleur, qui affecte presque tout le territoire », souligne Jorge Zavala, directeur de l’Institut des Sciences de l’atmosphère et du changement climatique à l’Université nationale autonome du Mexique. L’expert s’inquiète des effets de la chaleur extrême sur la santé, notamment parce que la majorité des foyers ne sont pas équipés de systèmes de ventilation adéquats pour résister à ces conditions extrêmes.

Certains hôpitaux saturés

À Mexico, où la chaleur a atteint un pic de 34,7 °C dimanche 26 mai pour la première fois en un siècle de relevés météorologiques, l’air est d’autant plus étouffant que la mégalopole a vécu ces dernières semaines dans un état d’alerte à la pollution quasi permanent, dû à la forte concentration d’ozone dans l’atmosphère.

Pour faire face à l’accumulation de ce polluant, qui se multiplie sous l’effet de la chaleur et affecte le système respiratoire, les autorités ont restreint l’usage de la voiture, et exhorté les 9 millions d’habitants de la capitale (20 millions avec la grande périphérie), à sortir le moins possible, ne pas faire d’activité physique en extérieur et ne pas faire le plein d’essence durant l’après-midi.

Dans l’Etat de San Luis Potosí, au centre-nord du Mexique, certains hôpitaux ont été saturés en raison du nombre important de patients victimes d’insolation. La forte demande en énergie des climatisations a mis le système électrique national à la peine, et obligé le gouvernement à programmer des coupures de courant dans la nuit pour remédier au manque d’électricité. Les autorités estiment que deux nouvelles vagues de chaleur pourraient se produire d’ici fin juin.

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