l’athlète ukrainienne Mariia Vysochanska portera la flamme olympique à Marseille

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La gymnaste ukrainienne Mariia Vysochanska photographiée à Kiyv, dimanche 28 avril.

Le 8 mai, le majestueux voilier Belem accostera à Marseille, avec à son bord un précieux bagage : la flamme olympique. Vingt-sept sportifs, comme le nombre des pays membres de l’Union européenne (UE), se relaieront alors pour la porter. Ils seront accompagnés par une vingt-huitième athlète, qui sera leur capitaine, à 21 ans seulement. Une gymnaste ukrainienne, Mariia Vysochanska, fille d’un soldat actuellement sur le front de la guerre contre la Russie.

La jeune femme, au sourire discret et aux cheveux longs, raconte son histoire et sa désignation de son quartier de Petchersk, à Kiev, où « l’odeur des fleurs de lilas fait tourner la tête ». La championne de gymnastique rythmique enchaîne dans la capitale les entraînements, hachés par les alertes aériennes. « Ça y est, j’ai mes billets en poche ! » se réjouit-elle. Son périple jusqu’à la cité phocéenne sera presque aussi long et tortueux que celui de la flamme.

En train de nuit, Mariia traversera l’Ukraine, où plus aucun avion de ligne ne décolle depuis deux ans, abandonnant le ciel aux missiles russes. Après le passage de la frontière polonaise, un premier avion, puis un second, en Allemagne, l’emmèneront à destination. « Il ne faut surtout rater aucun changement ! » Trois escales et vingt-quatre heures de route pour porter, au nom de son pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne, la flamme olympique, pendant quelques mètres, quelques instants et en même temps pour la postérité.

Un symbole pour l’Ukraine

Ce 8 mai, sa présence, Mariia Vysochanska le sait, sera fortement symbolique pour soutenir les aspirations européennes de l’Ukraine et sa participation aux Jeux olympiques. « C’est une grande fierté qui dépasse tous mes rêves », sourit celle qui a été choisie par le ministère des sports français et par l’Institut français d’Ukraine. Malgré son jeune âge, Mariia Vysochanska a déjà accompli le grand rêve de tout sportif : participer aux JO. C’était à Tokyo, en 2021. « J’y suis allée malgré la trêve pénible du Covid. »

Lors de sa préparation, la championne s’était pourtant cassé deux fois le pied, la seconde fois trois mois avant le début des Jeux. Malgré le pronostic pessimiste de ses médecins, elle a pu se rendre à Tokyo et concourir avec une broche dans le pied. « Je voulais me battre, comme se bat mon pays », glisse aujourd’hui celle que ses proches appellent « Maritchka ».

Comme se bat aussi son père. Originaire de Lviv, à l’ouest du pays, Oleg Vysochansky est parti sur le front du Donbass en 2014, quand les séparatistes, guidés et armés par la Russie, ont tenté de faire sécession. Commandant de compagnie, il a participé à la bataille sanglante pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk. Le siège de ce site, devenu un emblème de la guerre du Donbass, a duré deux cent quatre-vingt-deux jours.

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