La mairie de Paris demande au préfet d’interdire des maraudes d’ultradroite « discriminatoires »

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Deux adjoints de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont demandé, mardi 14 mai, au préfet de police, Laurent Nunez, d’interdire les maraudes « discriminatoires » dans la capitale, menées par des groupes d’ultradroite aux propos « ouvertement racistes », après un reportage de BFM-TV.

Le reportage en question donne à voir « le pire de l’humanité : le tri dans la solidarité, le tri en fonction de l’ethnie, le tri en fonction de la religion », écrivent Emmanuel Grégoire et Léa Filoche, respectivement premier adjoint et adjointe aux solidarités, dans un courrier transmis à l’Agence France-Presse.

Dans le reportage, une vingtaine de membres du groupuscule Luminis proposent, lors d’une maraude nocturne dans la capitale, des aliments contenant du porc, et uniquement à certains sans-abri. « On ne donne qu’aux Blancs », dit ainsi une jeune femme. « Les Noirs évidemment et les Arabes, on ne leur donne pas », ajoute-t-elle.

Des propos « extrêmement choquants, ouvertement racistes et discriminatoires » pour les deux adjoints, « qui sont de nature, selon nous, à relever d’une qualification pénale et salissent en tout état de cause l’image de notre ville, tout en étant susceptibles de troubler l’ordre public ».

Interdiction des « soupes au cochon » en 2017

Les deux élus de gauche rappellent qu’en 2007, le Conseil d’Etat avait interdit la distribution des « soupes au cochon », une « façon détournée des extrémistes de droite d’exclure les musulmans ». Le groupuscule suivi par BFM-TV « va plus loin en revendiquant son racisme et justifiant ces pratiques discriminatoires », s’alarment-ils.

Les élus de la municipalité demandent à Laurent Nunez et au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de « prendre les mesures d’interdiction de ce genre de distributions alimentaires qui sont plus sûrement des opérations de promotion de la haine que de solidarité ».

Samedi, plusieurs centaines de militants d’ultradroite ont défilé à Paris. La préfecture de police de Paris avait pourtant interdit cette manifestation annuelle en arguant d’un risque de troubles à l’ordre public, mais le tribunal administratif de Paris a suspendu cette mesure.

Le Monde avec AFP

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