La Chine a lancé la sonde Chang’e-6 pour collecter des échantillons sur la face cachée de la Lune

2255


Une fusée transportant la sonde Chang’e-6 a décollé du centre de lancement spatial à Wenchang, sur l’île de Hainan, dans l’extrême sud de la Chine, vendredi 3 mai 2024.

La Chine a lancé, vendredi 3 mai, la sonde spatiale Chang’e-6 pour collecter des échantillons sur la face cachée de la Lune, une première mondiale, a annoncé l’agence officielle Chine nouvelle. Une fusée transportant la sonde a décollé du centre de lancement spatial à Wenchang, sur l’île de Hainan, dans l’extrême sud du pays, peu avant 11 h 30 (heure de Paris).

Il s’agit du dernier projet de la Chine, qui, selon les Etats-Unis, déguise un programme spatial militaire sous l’apparence d’un programme civil.

La mission Chang’e-6 a pour objectif de collecter deux kilogrammes d’échantillons lunaires sur la face cachée de la Lune et de les ramener sur Terre à des fins d’analyse. Il s’agit d’une mission techniquement complexe, d’une durée de cinquante-trois jours.

« Chang’e-6 collectera pour la première fois des échantillons de la face cachée de la Lune », a déclaré à la presse Ge Ping, vice-directeur du Centre chinois d’exploration lunaire et d’ingénierie spatiale. En janvier 2019, la Chine avait déjà posé un engin sur la face cachée de la Lune, mais il n’avait pas rapporté d’échantillons.

La sonde doit se poser dans une région du pôle sud de la Lune, le bassin Aitken, dont le terrain est particulièrement complexe et escarpé. Une fois sur place, elle ramassera des roches et mènera des expériences dans la zone où elle aura atterri. Sa mission terminée, elle doit revenir vers la Terre et atterrir au Centre de lancement spatial de Wenchang.

Le président chinois, Xi Jinping, a donné un coup d’accélérateur au « rêve spatial » de la Chine. La deuxième économie mondiale a injecté des milliards de dollars dans son programme spatial militaire afin de rattraper les Etats-Unis et la Russie.

Pékin a déjà enregistré plusieurs succès, notamment la construction de la station spatiale Tiangong, où a été envoyé la semaine dernière un nouvel équipage de trois astronautes. La Chine a également fait atterrir un astromobile (un petit « rover » motorisé) sur Mars. Jusqu’alors, les Etats-Unis étaient la seule nation ayant réussi à poser des astromobiles sur la Planète rouge.

Les Etats-Unis comptent faire atterrir des astronautes sur la Lune en 2026 avec leur mission Artemis-3. La Chine compte aussi y envoyer des humains, d’ici à 2030.

Des échantillons datant « d’environ 4 milliards d’années »

La Chine est exclue de la Station spatiale internationale (ISS) depuis 2011, date à laquelle les Etats-Unis ont interdit à la NASA de collaborer avec Pékin. La Chine a alors développé son propre projet de station spatiale.

Le Monde Guides d’achat

Aspirateurs robots

Les meilleurs aspirateurs robots

Lire

L’avancée rapide du programme spatial chinois suscite l’inquiétude de Washington. En avril, Bill Nelson, le patron de la NASA, a affirmé que les Etats-Unis se trouvent désormais engagés dans une « course » avec Pékin. « Nous pensons qu’une grande partie de ce qu’ils appellent leur programme spatial civil est en fait un programme militaire », a-t-il déclaré, devant une commission chargée des dépenses à la Chambre des représentants, à Washington.

Chang’e-6 est la première des trois missions sans équipage, envoyée sur la Lune, prévues par la Chine pour cette décennie. Chang’e-7 devra explorer le pôle Sud lunaire à la recherche d’eau, tandis que Chang’e-8 tentera d’établir la faisabilité technique de la construction d’une base lunaire, Pékin affirmant qu’un « modèle de base » sera achevé d’ici à 2030.

Selon les scientifiques, la face cachée de la Lune – appelée ainsi parce qu’elle est invisible de la Terre et non parce qu’elle ne capte jamais les rayons du Soleil − est très prometteuse pour la recherche, car ses cratères sont moins recouverts par d’anciennes coulées de lave que ceux de la face proche. Cela pourrait donc signifier qu’il sera plus facile de collecter des matériaux afin de mieux comprendre comment la Lune s’est formée.

« Les échantillons collectés par Chang’e-6 auront un âge géologique d’environ 4 milliards d’années », a estimé M. Ge. « La collecte d’échantillons lunaires provenant de différentes régions et de différents âges géologiques et la réalisation d’expériences sont d’une grande valeur et d’une grande importance pour l’humanité », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu



Source link