la campagne très « vent de face » de l’écologiste Marie Toussaint

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Marie Toussaint, tête de la liste des écologistes pour les élections européennes, sur le plateau d’un débat entre les candidats, sur BFM-TV, le 27 mai 2024.

« Patience, courage, espoir, détermination… » Le mantra de la militante Tran To Nga, figure du combat contre l’« agent orange », arme chimique de la guerre du Vietnam, résonne sur une place de la République ensoleillée mais presque vide, samedi 25 mai, à Paris. A ses côtés, lors de ce rassemblement contre l’agrochimie, Marie Toussaint, tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour les élections européennes du 9 juin, acquiesce. Au micro, elle reprend : « Patience mais pas trop quand même… courage, espoir, détermination. »

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Il en faut, pour mener une campagne marquée par l’adversité. A l’heure où, dans certains sondages, la liste frôle le seuil critique des 5 % des intentions de vote – requis pour envoyer des députés à Strasbourg –, certains à gauche tentent une vente à la découpe de l’électorat des Verts. La tête de liste de La France insoumise (LFI), Manon Aubry, a lancé, dimanche 26 mai, sur France 3, un « appel à tous les écologistes », en leur disant que « la manière la plus sûre d’envoyer des députés écolos au Parlement européen, c’est de voter pour [sa] liste ».

Marie Toussaint reconnaît vivre une campagne très « vent de face », marquée par les reculs politiques sur l’environnement, le passage au second plan de la question climatique, et des choix de campagne parfois étonnants, à commencer par son meeting de lancement, en décembre 2023, mettant en scène des danseuses de booty therapy, spécialisées dans le déhanché du bassin, jusqu’à une chorégraphie réalisée devant la tour de TotalEnergies à la Défense, en mars. Le pari d’une écologie « sensible », porté par une équipe volontairement éloignée des codes du monde politique, a peiné à surmonter les ricanements.

Mais la candidate dément toute surprise : « Certains pensaient qu’on referait Jadot 2019 [Yannick Jadot, tête de liste des écologistes aux élections européennes de 2019], je savais d’emblée que ce serait difficile, c’est pour ça que j’y suis allée », assume la juriste de 37 ans. Sur le papier, celle que tout le monde qualifie de « bonne élève » a tout pour porter le projet écologiste. Elle évoque ses parents volontaires pour ATD Quart Monde, l’adhésion aux Verts à 18 ans, puis « L’affaire du siècle », campagne lancée en 2018 qui a abouti à faire condamner l’Etat français pour inaction climatique en 2021.

« Justice sociale »

Ses combats à la frontière du droit et de l’environnement, pour une justice environnementale qu’elle articule, à chaque phrase, avec une exigence de justice sociale, la candidate les défend avec constance et une pugnacité croissante sur les plateaux. Lors d’une audition devant la CFDT, jeudi 23 mai, elle appelait à passer d’une « économie qui détruit » à une économie qui « répare » les écosystèmes et les injustices. « On n’est pas là pour emmerder le monde », poursuit-elle face aux attaques en « écologie punitive » venues de l’extrême droite.

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