« Il est indispensable que les athlètes russes ne se sentent pas les bienvenus en France », insiste le ministre des sports ukrainien

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Matvi Bidny, ministre des sports ukrainien, à Kiev, le 27 novembre 2023.

La visite de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) n’était pas la raison principale de la venue du ministre des sports ukrainien. Mais, mercredi 3 avril, au deuxième et dernier jour de son déplacement officiel en France, Matvi Bidny a eu droit à un petit tour du propriétaire.

Quelques mots échangés avec le directeur des lieux, Fabien Canu, puis déambulation au pas de charge dans quelques-unes des salles d’entraînement de ce qui est considéré comme la pépinière des champions tricolores : la gymnastique, la lutte – où le ministre, ancien lutteur, s’est quelque peu attardé avec les membres de l’équipe de France, dont l’ex-Ukrainienne naturalisée française Tetiana Profatilova –, le taekwondo, le complexe aquatique Christine-Caron et l’imposante halle Joseph-Maigrot, l’infrastructure emblématique et centrale de l’Insep.

Matvi Bidny aura vu, au cœur du bois de Vincennes, matière à s’inspirer, a-t-il confié au Monde, lorsque viendra le temps de la reconstruction dans son pays, où les infrastructures ont été affectées par deux ans de guerre contre la Russie : « C’est pourquoi il est important pour nous de voir comment ça marche en France. »

Plus tôt dans la journée, et la veille également, Matvi Bidny a passé en revue cinq lieux franciliens, dont des parisiens, susceptibles d’accueillir la « Maison de l’Ukraine », que Kiev appelle de ses vœux, sur proposition de la France, pendant les Jeux olympiques (JO, du 26 juillet au 11 août). « Cinq lieux magnifiques, avec chacun leurs avantages », a fait valoir le ministre, qui devait discuter des différentes options mercredi soir dans le bureau de son homologue, Amélie Oudéa-Castéra. Le parc de la Villette, à Paris, où seront installés le Club France ainsi que de nombreux comités nationaux olympiques, aurait toutefois la préférence de la délégation ukrainienne. Le choix définitif sera communiqué prochainement.

« Personne n’est dupe »

Car si Kiev n’écarte toujours pas définitivement la possibilité d’un boycott des Jeux de Paris – « on surveille encore de très près les dernières avancées du CIO [Comité international olympique] » –, l’Ukraine compte bien faire de l’événement une caisse de résonance mondiale de sa cause et de ses athlètes. « Notre position est et restera très ferme : nous sommes contre la participation des sportifs d’un Etat tueur [la Russie], sous quelque bannière neutre que ce soit, non seulement aux Jeux olympiques mais aussi à toutes les compétitions sportives internationales », assène Matvi Bidny.

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