En Thaïlande, les députés approuvent le mariage pour tous

4976


Une marche des fiertés, à Bangkok, le 4 juin 2023.

L’adoption d’une proposition de loi sur le mariage homosexuel, mercredi 27 mars, par l’assemblée législative de Thaïlande, ouvre la porte à sa légalisation dans ce pays d’Asie du Sud-Est de 70 millions d’habitants. Seuls dix députés sur 500 ont voté contre. Le texte devra ensuite être soumis au Sénat, avant sa promulgation définitive par le roi, Maha Vajiralongkorn. Ces deux prochaines étapes sont considérées comme une formalité en raison du soutien accordé au texte par les partis conservateurs liés à l’élite militaro-royaliste, partenaires minoritaires dans la coalition du premier ministre, Srettha Thavisin.

La Thaïlande devrait donc devenir le troisième pays d’Asie à reconnaître le mariage pour tous, après Taïwan en 2019 et, quoique en vertu d’une décision encore « intérimaire », le Népal en 2023. Ce sera le premier pays d’Asie du Sud-Est à le faire. M. Thavisin, qui dirige le pays depuis septembre 2023, le premier civil à le faire depuis le coup d’Etat de 2014, s’est félicité sur X d’un « moment de fierté pour la société thaïlandaise, qui marche unie vers plus d’égalité sociale et le respect des différences ».

Le texte adopté a fusionné quatre propositions de lois en provenance du Pheu Thai, le parti du premier ministre, mais aussi du Move Forward, le parti progressiste en tête de l’opposition, ainsi que d’un autre parti et d’un groupe issu de la société civile. Devant les députés, le vice-premier ministre, Somsak Thepsutin, a affirmé, citant un sondage, que « 96,6 % de la population est d’accord avec ce projet de loi ».

La future législation doit permettre à « deux personnes [quel que soit leur sexe] » de se marier, en modifiant la formulation actuelle du code civil et commercial qui spécifie que le mariage est l’affaire d’un homme et d’une femme. Ce changement donnera aux conjoints les mêmes droits en matière de succession et, partiellement, d’adoption des enfants – les termes « père » et « mère », déplore l’ONG Human Rights Watch, n’ont pas été révisés. Le texte n’accorde toutefois pas de reconnaissance aux personnes transgenres ou non binaires qui veulent faire modifier leur genre sur leurs papiers d’identité – un point défendu à l’origine par le Move Forward.

« Pinkwashing » des conservateurs

La Thaïlande est l’un des pays où la communauté transgenre, hommes et femmes, est la plus visible et la plus acceptée au monde – même si nombre de ces personnes estiment être l’objet de dénigrement, voire de discriminations. Ces dernières années, plusieurs célébrités thaïlandaises ont rendu public leur mariage à l’étranger. Les séries télévisées racontant des histoires d’amour entre garçons et entre filles, dans un style à l’origine popularisé par les mangas japonais, sont devenues un véritable produit d’exportation. Et dans les régions rurales défavorisées du Nord-Est, les familles font depuis des années bon accueil aux « maris étrangers » de leur progéniture, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels.

Il vous reste 31.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





Source link