En Russie, une série d’arrestations de journalistes de médias indépendants

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Cinq journalistes travaillant pour des médias indépendants ont été arrêtés, mercredi 27 mars au soir et jeudi en Russie, où la répression visant toute contestation du pouvoir bat son plein. Au cours de la nuit, la police a interpellé Iekaterina Anikievitch, du site d’information indépendant SOTAvision, et Konstantin Jarov de RusNews, a rapporté l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi de la répression en Russie.

M. Jarov a été battu et menacé de violences sexuelles par les policiers, selon une témoin de la scène citée par cette organisation. « Ils m’ont frappé avec leurs pieds, mis un pied sur ma tête, tordu mes doigts, se sont moqués de moi quand j’ai essayé de me lever », a raconté M. Jarov, cité par son média, RusNews. Il a dit avoir une blessure à la tête, des écorchures, des doigts disloqués et des entorses.

Selon lui, ces violences ont été provoquées à cause d’un tournage réalisé près du domicile d’une autre journaliste, Antonina Favorskaïa de SOTAvision, qui a, elle, été interpellée mercredi soir tout de suite après avoir été relâchée au terme de dix jours de détention administrative pour désobéissance à la police.

L’appartement de cette journaliste a été perquisitionné mercredi soir, tout comme celui de ses parents, a déclaré son avocat, Mikhaïl Birioukov, cité par SOTAvision.

En lien avec les activités du mouvement de Navalny

Deux autres journalistes, Alexandra Astakhova et Anastasia Moussatova, qui étaient venues retrouver leur collègue à sa sortie de détention, ont également été interpellées et emmenées pour être interrogées par les enquêteurs, selon la même source.

Selon le média russe en exil Mediazona, spécialisé dans le suivi des affaires judiciaires, l’affaire visant Mme Favorskaïa est liée aux activités du mouvement de l’opposant Alexeï Navalny, mort en prison le 16 février. Ses organisations sont classées « extrémistes » par la justice russe.

Antonina Favorskaïa couvrait les procès visant M. Navalny depuis des années. C’est elle qui avait tourné la dernière vidéo montrant l’opposant encore en vie, le 15 février lors d’une audience en justice. Elle avait été arrêtée le 17 mars, quelques heures après avoir déposé des fleurs sur la tombe de l’opposant, selon Mediazona.

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Le Monde avec AFP

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