En Argentine, le péroniste Sergio Massa limite l’avancée de l’extrême droite à l’élection présidentielle

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Le candidat à la présidence de l’Argentine, Sergio Massa, lors des résultats scrutin du premier tour, à Buenos Aires, le 22 octobre.

On le disait moribond : le péronisme est non seulement bien vivant, mais son candidat, Sergio Massa, s’est hissé contre toute attente, dimanche 22 octobre, en tête du premier tour de l’élection présidentielle argentine (36,7 %), laissant le candidat ultralibéral et populiste Javier Milei en deuxième position. Celui-ci récolte toutefois 30 % des voix, confirmant le score qu’il avait obtenu lors des élections primaires du 13 août, et disputera donc le second tour, le 19 novembre, face à l’actuel ministre de l’économie. Un duel inédit entre un outsider et une force politique historique vieille de soixante-dix ans.

« Ce résultat montre que l’Argentine n’a pas viré à l’extrême droite ! On a appris des erreurs du Brésil, où Jair Bolsonaro a aggravé la pauvreté », s’exclame avec soulagement Victoria Gonzalez, 28 ans, devant le QG de campagne de Sergio Massa, en constatant le résultat surprise du candidat du péronisme. « On ne s’est pas laissé abattre par le résultat des primaires [où le péroniste était arrivé en deuxième position]. C’est une victoire du militantisme de base sur les réseaux sociaux, mais aussi sur le terrain, en parlant avec nos voisins, nos collègues, nos amis… », s’enthousiasme de son côté Analia Branca, une travailleuse sociale de 49 ans.

Le péronisme a par ailleurs obtenu la réélection, haut la main, d’Axel Kicillof, l’actuel gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus peuplée du pays, lors des élections provinciales qui se tenaient en même temps.

Javier Milei, qui avait pronostiqué une victoire dès le premier tour mais a finalement stagné par rapport à son résultat des primaires, a voulu garder la tête haute. Il s’agit d’un scrutin « historique, pour une force politique jeune », s’est-il félicité lors de son discours, bref et bien plus sobre que ses précédentes interventions.

Inflation de 138 % sur un an

« La sensation est étrange, admet Mauro Mendoza, un barbier de 60 ans, devant le QG de campagne de Javier Milei, dimanche soir. Franchement, ce résultat ne reflète pas l’enthousiasme pour Milei qu’on voit au quotidien. Je pensais qu’il allait arriver premier. » Le militant déçu poursuit : « Il nous faut absolument apporter de la stabilité à l’économie, arrêter d’émettre de l’argent », en référence à la proposition du candidat de supprimer la Banque centrale pour en finir avec le fléau de l’Argentine, l’inflation – 138 % sur un an, à l’origine d’un taux de pauvreté de 40 %. Les propositions radicales de Javier Milei comptent aussi le remplacement de la monnaie nationale par le dollar, une réduction drastique des impôts et des dépenses publiques, mais aussi le libre port d’armes.

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