En Allemagne, l’ancienne maire de Berlin victime à son tour d’une agression dans un contexte tendu

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Franziska Giffey, sénatrice et ex-maire de Berlin, face aux médias lors d’un événement sur l’énergie solaire à Berlin, le 8 mai 2024.

L’ancienne maire de Berlin, Franziska Giffey, figure du Parti social-démocrate d’Olaf Scholz, a été agressée et légèrement blessée, un acte qui s’ajoute à une série d’attaques contre des élus en Allemagne à l’approche des élections.

Le dernier incident en date s’est déroulé mardi 7 mai après-midi, a annoncé la police berlinoise tôt mercredi. Le suspect s’est approché de Franziska Giffey alors qu’elle se trouvait dans une bibliothèque du sud de la capitale, dans le quartier de Rudow, et l’a frappée à la tête et au cou avec un sac lourd avant de s’enfuir.

Mme Giffey, qui est actuellement ministre de l’économie de la ville-Etat de Berlin, s’est rendue « brièvement à l’hôpital pour être soignée contre ses douleurs à la tête », a déclaré la police. Un suspect de 74 ans a été arrêté, il est déjà connu pour des faits relevant de « la sécurité de l’Etat et de crimes de haine », a déclaré la police, ajoutant qu’elle enquêtait sur le motif de l’attaque. Les procureurs examinent également la possibilité d’envoyer l’homme en soins psychiatriques, des éléments suggèrent qu’il pourrait souffrir d’une maladie mentale.

« La première frayeur passée, je peux dire que je vais bien », a réagi Mme Giffey sur son compte X. « Néanmoins, je suis préoccupée et bouleversée par l’intensification d’une “culture sauvage” dans laquelle les personnes qui s’engagent politiquement dans notre pays sont de plus en plus souvent exposées », a-t-elle ajouté.

« Nous vivons dans un pays libre et démocratique, dans lequel chacun peut être libre d’exprimer ses opinions », mais « il y a une limite claire – et c’est la violence contre les personnes », a-t-elle insisté. La multiplication des violences, insultes, menaces contre le personnel politique est devenue un sujet de préoccupation majeure dans le pays.

Le parti de l’AfD montré du doigt

Le chancelier Olaf Scholz a qualifié les récentes agressions d’élus de « révoltantes et lâches », dans un message posté sur X. « La violence n’a pas sa place dans le débat démocratique », a t-il poursuivi. L’actuel maire de la ville, le conservateur Kai Wegner, a condamné l’agression, déclarant que toute personne qui s’en prend à des responsables politiques « s’en prend à [la] démocratie » et s’engageant à examiner « des peines plus sévères pour les attaques contre les hommes politiques ».

Mardi, les ministres de l’intérieur des Länder ont déjà convenu d’étudier un durcissement de la loi contre ce type d’agression, la ministre fédérale Nancy Faeser a préconisé d’opposer « un signal stop très clair » aux agresseurs.

Plusieurs responsables politiques ont été menacés ou agressés ces derniers temps en Allemagne dans un contexte de campagne électorale tendu avant le scrutin européen du 9 juin et plusieurs élections régionales en septembre.

Le cas le plus grave à ce stade concerne Matthias Ecke, un eurodéputé du Parti social-démocrate du chancelier Olaf Scholz, qui a été grièvement blessé samedi 4 mai par quatre personnes alors qu’il collait des affiches dans la ville de Dresde, en Saxe, dans l’ex-RDA communiste. Il a dû être opéré pour des blessures au visage. L’attaque a été dénoncée par M. Scholz comme une menace pour la démocratie.

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Depuis l’indignation suscitée ce week-end par l’agression de l’eurodéputé M. Ecke, de nombreux responsables allemands ont mis en cause la responsabilité du parti d’extrême droite AfD dans la propagation de discours de haine favorisant les violences.

Selon les chiffres provisoires de la police, 2 790 délits ont été commis contre des responsables politiques en Allemagne en 2023, contre 1 806 en 2023, mais moins que les 2 840 enregistrés en 2021, année des élections législatives.

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Le Monde avec AFP

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