désavoué par les électeurs allemands, Scholz sous pression pour ouvrir la voie à des législatives anticipées

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Le chancelier allemand, Olaf Scholz, à Potsdam, dans l’est de l’Allemagne, le 9 juin 2024.

Comme en France, y aura-t-il des législatives anticipées en Allemagne ? Arrivés en tête des élections européennes avec 30,2 % des voix (+ 1,3 point par rapport à 2019), les conservateurs de la CDU/CSU n’ont pas attendu que le président français, Emmanuel Macron, annonce la dissolution de l’Assemblée nationale, dimanche 9 juin dans la soirée, pour mettre la question sur la table. « Soit le gouvernement change de politique, soit il ouvre la voie à de nouvelles élections », a déclaré le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, dès la publication des premières estimations, peu après 18 heures.

Pour le chancelier social-démocrate, Olaf Scholz (SPD), ces élections sont une véritable débâcle. Son parti ne recueille que 14,1 % des voix (contre 15,8 % en 2019), soit le pire score de son histoire. Les deux autres partis de sa coalition sont également sanctionnés : avec 12 % des voix, les Verts reculent de plus de 8,5 points par rapport à 2019 ; quant aux libéraux du FDP, ils n’obtiennent que 5,1 % des suffrages exprimés, soit 0,3 point de moins qu’il y a cinq ans. Ensemble, les trois formations qui constituent la majorité de M. Scholz totalisent à peu près autant de voix que la CDU/CSU à elle seule.

Avec 15,9 %, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) arrive en deuxième position, progressant de 4,9 points par rapport à 2019. Ce résultat est certes inférieur aux 22 %-23 % que les sondages lui prédisaient au début de l’année. Il n’en reste pas moins que l’AfD, dimanche, a obtenu son meilleur score à l’échelle nationale depuis sa création en 2013. Et ce, malgré une actualité dont on aurait pu croire qu’elle lui serait défavorable : révélation par le site d’investigation Correctiv d’un projet secret de « remigration » de millions d’Allemands d’origine étrangère vers l’Afrique du Nord, à l’origine de manifestations monstres aux quatre coins du pays ; ouverture de deux enquêtes contre Maximilian Krah, tête de liste de l’AfD, pour financement illégal de la part de sources russes et chinoises ; interview dans laquelle ce dernier a affirmé que tout ancien SS ne devait pas « être automatiquement considéré comme un criminel », à la suite de quoi l’AfD a été exclu du groupe Identité et démocratie où il siégeait au Parlement européen…

« Nous avons obtenu un super résultat », s’est félicité le coprésident de l’AfD, Tino Chrupalla, estimant que ce score est « un bon début pour l’année électorale » qui s’ouvre outre-Rhin. En septembre, des élections régionales auront lieu dans trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est (Saxe, Thuringe, Brandebourg), partie du pays où l’AfD est arrivé en première position, dimanche, avec 27 % des voix, soit 7,5 points de plus qu’en 2019.

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