concours à bac + 3, nouvelles « écoles normales »… Les principales pistes du gouvernement

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Dans une classe à Aytré (Charente-Maritime), en 2019.

« Les écoles normales du XXIe siècle. Stratégie de formation et de recrutement des futurs professeurs. » C’est le titre d’un document de travail du gouvernement dont le contenu a fuité, jeudi 21 mars, dans les cercles éducatifs, en amont d’arbitrages qui devraient être annoncés par le président de la République, Emmanuel Macron, lui-même. Le document, consulté par Le Monde, détaille une transformation d’ampleur de la formation initiale des enseignants, qui entrerait en vigueur dès 2025.

« C’est un document de travail qui n’est pas définitif, les arbitrages ne sont pas rendus », temporise le ministère de l’éducation nationale, alors que le projet n’a pas été officiellement présenté aux syndicats, qui dénoncent l’arrêt complet des discussions sur le sujet depuis le départ de Gabriel Attal du ministère de l’éducation nationale, début janvier.

Le diaporama ministériel confirme l’intention énoncée depuis près d’un an d’avancer les concours à la fin de la troisième année de licence pour les futurs professeurs des écoles (premier degré) et ceux des collèges et lycées (second degré). Ce projet déjuge ainsi la réforme de 2022, décidée sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, qui avait déplacé les épreuves de la fin de la première année de master à la fin de la deuxième année.

Accroître les viviers de candidats

Le ministère de l’éducation nationale prévoit ensuite une formation en master sous le statut de la fonction publique pour les lauréats, qui seraient rémunérés 1 400 euros net par mois dès la première année et 1 800 euros net la seconde. La validation du diplôme à bac + 5 resterait nécessaire pour devenir titulaire.

Ce repositionnement du concours s’inscrit ainsi dans une refonte bien plus large de l’architecture de la formation, symbolisée par la création d’« écoles normales supérieures du professorat » (ENSP, un sigle qui est déjà celui de l’école de la police) pour remplacer les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé), qui avaient été instaurés en 2019 – et dont les représentants n’ont pas été consultés en tant que tels pour cette nouvelle réforme. L’enjeu est double pour le gouvernement, qui cherche à accroître les viviers de candidats au concours, dont le nombre s’est effondré depuis 2022, et à améliorer la formation initiale.

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La réforme réviserait largement la préparation au métier des professeurs des écoles, objet de critiques quant à son affaiblissement depuis la suppression, en 1990, des écoles normales. « En trente ans, le volume horaire de la formation initiale générale théorique et pratique des enseignants du premier degré a diminué de 40 %, et celui des stages dans les écoles de 30 % », déplorait l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire Jean-Paul Delahaye, en octobre 2023.

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