Claude Atcher, le patron déchu de la Coupe du monde de rugby 2023, entendu en garde à vue

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Claude Atcher, au tribunal correctionnel de Paris, le 13 décembre 2023.

L’ex-patron déchu de l’organisation du Mondial de rugby 2023, Claude Atcher, a été entendu sous le régime de la garde à vue, mardi 14 et mercredi 15 mai, dans le cadre de l’enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF) ouverte en octobre 2022 pour favoritisme, trafic d’influence, corruption, prise illégale d’intérêts et vente illégale de places, a rapporté le quotidien L’Equipe – une information confirmée au Monde par une source proche du dossier. La mesure est désormais levée, sans poursuites à ce stade.

L’enquête du PNF, confiée à la section de recherches de Paris, porte sur la gestion du groupement d’intérêt public (GIP) France 2023, chargé d’organiser la Coupe du monde de rugby, dont M. Atcher était le directeur.

Elle fait suite à un signalement conjoint de l’inspection générale des finances et de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, concernant notamment le management du dirigeant, qui a été démis de ses fonctions mi-octobre 2022. Des perquisitions avaient été réalisées au siège du GIP France 2023 en novembre 2022.

« Un management par la terreur »

La mission conjointe travaillait depuis l’été 2022 pour « analyser l’existence d’éventuels manquements à la probité économique et financière ou de conflits d’intérêts » au sein du GIP. L’Equipe avait révélé, en novembre de la même année, que les enquêteurs s’intéressaient à des frais personnels de l’ex-patron, qui auraient pu être indûment pris en charge par la structure, de l’usage de VTC à certains marchés passés en passant par d’éventuelles irrégularités liées à la billetterie du Mondial 2023.

Fin juin 2022, le quotidien sportif avait aussi publié une longue enquête relatant le mal-être au travail des salariés de France 2023, lié à « un management par la terreur » potentiellement initié par Claude Atcher. Immédiatement après, la ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, avait demandé la saisine de l’inspection du travail et du comité d’éthique du GIP, dans lequel la Fédération française de rugby (FFR) est majoritaire (plus de 60 %), et l’Etat minoritaire.

La remise du rapport du comité d’éthique, début septembre 2022, avait conduit le ministère des sports, de concert avec la FFR et le Comité national olympique et sportif français, à mettre à pied à titre conservatoire Claude Atcher dans l’attente de l’enquête de l’inspection du travail. Il avait finalement été destitué le 11 octobre 2022, à moins d’un an du coup d’envoi du Mondial de rugby en France.

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