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Bologne veut sauver sa « tour de Pise »

Bologne veut sauver sa « tour de Pise »

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LETTRE DE ROME

Les tours Garisenda (à gauche, inclinée) et Asinelli (à droite), à Bologne, en mars 2017.

L’alerte a été lancée à l’automne 2023 : la torre della Garisenda, symbole de Bologne, menace de s’effondrer. « Les conditions de sécurité ne sont plus garanties et la tour est en péril », s’est alarmé l’architecte Amedeo Bellini dans les colonnes de La Repubblica. Les capteurs permettant de surveiller la tour ont relevé des mouvements inquiétants. Avec ses 5 degrés d’inclinaison, la Garisenda – comme les Bolognais l’appellent affectueusement – penche encore plus que la tour de Pise. Mais si le célèbre campanile toscan attire 5 millions de touristes par an, la tour de Bologne jouissait jusqu’à aujourd’hui d’un relatif anonymat. Le scénario de sa disparition éventuelle vient lui donner une notoriété nouvelle.

Plantée dans le cœur historique de Bologne, la Garisenda, haute de 47 mètres, est inséparable de l’histoire de la capitale d’Emilie-Romagne, tout comme de son paysage urbain. Construite au début du XIIe siècle pour la riche famille des Garisendi, elle est évoquée par le poète Dante dans l’un des chants de sa Divine Comédie. Comme sa voisine, la torre degli Asinelli, qui culmine à 97 mètres – ce qui en fait la plus haute tour médiévale au monde –, la tour est partout.

Lors des élections municipales de 1951, le Parti communiste (PCI) présente pour la première fois une liste dite « des deux tours ». Giuseppe Dozza, maire (PCI) de la ville de 1945 à 1966, évoquera « le symbole le plus bolognais entre tous ». Dans les années 1950, Garisenda devient même le nom d’un célèbre bouillon cube, « largement utilisé dans la cuisine typique bolognaise et permettant une économie de temps et de matière grasse », vante une publicité de l’époque. A présent, la silhouette caractéristique des deux tours se décline sur des objets souvenirs : tee-shirts, mugs ou aimants.

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L’accès à la place fermé

Aujourd’hui, Bologne tremble : et si le monument s’effondrait ? Le scénario fait craindre le pire car, à la différence de Pise, la tour médiévale domine un épais tissu urbain fait de palais, d’arcades et d’églises. Tout a été envisagé pour sauver le monument, à commencer par le raccourcir de 6 mètres pour réduire la pression sur les mouvements. Au XIVsiècle, la tour fut déjà raccourcie d’une douzaine de mètres, devant les risques d’effondrement. « La tour a toujours penché vers l’est, mais au printemps 2023, les capteurs ont relevé qu’elle s’affaissait également vers le sud-ouest », explique Raffaella Bruni, qui pilote le chantier de restauration. La mairie de Bologne a fermé l’accès à la place des deux tours et a installé des containers pour amortir la chute d’éventuels débris.

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