Biden prend de nouveau ses distances avec Nétanyahou

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Joe Biden, à Washington, le 9 avril 2024.

Les liens entre Washington et Tel-Aviv ont rarement paru aussi distendus. Alors que, selon des témoins, l’aviation israélienne continue de bombarder, mercredi 10 avril, la bande de Gaza en dépit des efforts des médiateurs pour arracher un accord de trêve entre Israël et le Hamas, le président américain, Joe Biden, a de nouveau émis des critiques envers la politique de guerre menée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans l’enclave palestinienne.

« Je pense que ce qu’il fait est une erreur. Je ne suis pas d’accord avec son approche », a ainsi déclaré M. Biden, mardi, lors d’une interview avec la chaîne hispanophone Univision, en réponse à une question sur la conduite de la guerre par Israël.

Il s’agit des commentaires parmi les plus sévères du président américain à l’encontre du dirigeant israélien alors que les Etats-Unis affichent une impatience croissante face au désastre humanitaire en cours dans le territoire palestinien assiégé par l’armée israélienne. Joe Biden a encore jugé « scandaleux » que le convoi humanitaire de l’ONG World Central Kitchen a été pris pour cible par une frappe israélienne, tuant sept membres de l’ONG.

« Ce que je demande, c’est que les Israéliens appellent à un cessez-le-feu, qu’ils autorisent pour les six ou huit prochaines semaines, un accès total à la nourriture et aux médicaments entrant dans le pays », a-t-il affirmé.

Malgré les mises en garde de capitales étrangères, y compris de son allié américain, M. Nétanyahou se dit déterminé à lancer une offensive terrestre à Rafah qu’il présente comme le dernier grand bastion du Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza. Cette ville frontalière avec l’Egypte abrite, selon l’ONU, environ un million et demi de personnes, en majorité des déplacés, d’où des craintes d’aggravation du bilan humain en cas d’offensive terrestre sur place.

« Aucune excuse »

Le président américain avait échangé au téléphone la semaine dernière avec le premier ministre israélien, évoquant pour la première fois la possibilité de conditionner l’aide américaine à Israël à des mesures « tangibles » sur cette situation humanitaire. Il a encore dit s’être entretenu avec « tout le monde, des Saoudiens, aux Jordaniens et aux Egyptiens. Ils sont prêts à y aller. Ils sont prêts à faire venir cette nourriture ».

« J’estime qu’il n’y a aucune excuse pour ne pas fournir des médicaments et de la nourriture aux gens dans le besoin. Cela doit se faire maintenant », a dit Joe Biden.

Les Etats-Unis apportent des milliards de dollars d’aide militaire à Israël, mais exigent qu’Israël en fasse davantage pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire. S’ils ont salué les mesures initiales annoncées par Israël comme l’ouverture « temporaire » de nouveaux points de passage à Gaza, notamment à Erez dans le Nord, ils attendent des « résultats ».

Des proches d’otages américains retenus par le Hamas à Gaza ont par ailleurs été reçus par la vice-présidente Kamala Harris à la Maison Blanche alors que les négociations pour une trêve à Gaza assortie de la libération des otages se poursuivent. « On veut des résultats. On veut que nos proches rentrent », a déclaré à la presse Rachel Goldberg, dont le fils Hersh Goldberg-Polin figure parmi les otages.

Le Monde avec AFP

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