Au Soudan, la guerre a fait plus de 10 millions de déplacés

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Des personnes déplacées de l’Etat soudanais de Jazira arrivent à l’entrée de la ville orientale de Gedaref, le 10 juin 2024.

Plus de 10 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du Soudan en raison de la guerre qui a débuté en avril 2023 et de précédents conflits, selon les statistiques publiées mardi 11 juin par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Depuis le début de la guerre entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), 7,26 millions de personnes ont fui leur domicile pour se réfugier dans d’autres régions du Soudan, chiffre qui s’ajoute aux 2,83 millions de personnes déjà déplacées par des conflits antérieurs, a précisé cette organisation des Nations unies.

Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’une guerre opposant l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo.

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Seule capitale des cinq Etats du Darfour à échapper au contrôle des FSR, la ville d’El-Facher avait longtemps été relativement épargnée par les combats. Mais depuis le 10 mai, elle est le théâtre d’intenses affrontements, qui ont fait au moins 192 morts et plus de 1 230 blessés selon l’ONG Médecins sans Frontières (MSF).

Le seul établissement hospitalier opérationnel à el-Facher a fermé ses portes samedi après avoir été pris d’assaut par les paramilitaires qui tentent de s’emparer de la ville, a dit lundi MSF.

Crimes de guerre

Mardi, le procureur de la Cour pénale internationale s’est dit « extrêmement préoccupé » par la violence en cours au Darfour, dans le sud-ouest du Soudan, et a appelé les témoins à envoyer à la CPI des éléments lui permettant d’enquêter.

« Je suis extrêmement préoccupé par les allégations de crimes (…) à grande échelle en train d’être commis à el-Facher et dans les zones voisines », a déclaré le procureur Karim Khan. Des preuves déjà collectées « semblent montrer des allégations crédibles, répétées et qui ne cessent d’augmenter d’attaques contre la population civile », a-t-il poursuivi.

Selon le procureur, des éléments semblent aussi apporter la preuve d’« un usage à grande échelle du viol et d’autres formes de violences sexuelles », ainsi que d’attaques contre des établissements de santé. « C’est une honte de permettre que l’histoire se répète une fois encore au Darfour », a-t-il dit. « Nous ne pouvons et nous ne devons pas permettre que le Darfour devienne, une fois encore, le lieu où les atrocités sont oubliées du monde ». « Nous vous demandons de nous envoyer toute information utile sur notre plateforme dédiée et sécurisée, OTP Link », a-t-il exhorté.

Le conflit au Soudan a déjà fait des dizaines de milliers de morts. A el-Geneina, capitale du Darfour-Ouest, 10 000 à 15 000 personnes ont été tuées, selon l’ONU.

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Les deux camps ont été accusés de crimes de guerre, notamment de viser les civils, de bombarder sans discernement des zones résidentielles et de se livrer à des pillages ou de bloquer l’aide humanitaire. Les paramilitaires sont spécifiquement accusés de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité.

Le Monde avec AFP

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